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vendredi 31 mai 2019

Marie, médiatrice et co-rédemptrice... avec toute l'Eglise! - Dialogue avec les lecteurs (4)

Après la réédition sur ce blog de mon article sur "Marie, médiatrice et co-rédemptrice… avec toute l’Eglise", Hervé régit de nouveau – sur ma page Facebook cette fois-ci.

Hervé : Il n'y a qu'un seul Rédempteur, Jésus-Christ. Ton expression de "co-rédemptrice" pour la Vierge n'est pas enseignée par l'Eglise Catholique (ce que m'avait confirmé un évêque auxiliaire de Paris, lors d'une conférence). Marie a une place à part, certes, mais l'expression "co-rédemptrice" est contestable...

[Il me met un lien avec le site internet du journal La Croix] Je cite : "Le Rédempteur, c’est lui et nul(le) autre ! La théologie a toujours insisté pour affirmer l’unicité du salut dans le Christ. Marie n’est donc pas «corédemptrice» comme on l’entend parfois."

Matthieu : ll est possible d’appeler Marie "corédemptrice" dans la mesure où l’on confesse fermement que Jésus-Christ est l’unique Rédempteur du monde. "La médiation corédemptrice personnelle de la Vierge est plus haute que celle de l’Église entière. Elle s’étend à tous les hommes de tous les temps ; elle est antérieure et enveloppante par rapport à toute médiation corédemptrice, fût-ce celle même de l’Église. En Marie, l’Église devient corédemptrice de tout ce dont le Christ est l’unique rédempteur, à savoir de tous les hommes, qu’ils le sachent ou qu’ils l’ignorent" (Cardinal Journet) [Je lui mets un lien avec un article sur le site internet de Famille Chrétienne]

Pour moi, la co-rédemption de Marie est manifeste à l'Annonciation. Sans le oui de Marie, il n'y a pas de Rédempteur.

Hervé : J'ai trouvé d'autres sources fiables : "La réponse de la Congrégation pour la doctrine de la foi consiste à dire que ce qui est visé ici est déjà mieux exprimé par d'autres titres de Marie, et que le concept de "corédemptrice" s'écarte aussi bien de l'Ecriture que des écrits patristiques, ce qui suscite des malentendus. Et "Le concept de corédemptrice s'écarte aussi bien de l'Écriture que des écrits patristiques. [...] Tout vient [du Christ], comme le soulignent les épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens. Marie aussi est tout ce qu'elle est par lui. Le terme de corédemptrice obscurcirait cette donnée originelle. Une bonne intention s'exprime dans un mauvais vocable. Dans le domaine de la foi, la continuité avec la langue de l'Écriture et des Pères est essentielle. La langue n'est pas manipulable à volonté12." (signé par J. Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi). Je maintiens que cela n'est pas dans le Magistère de l'Eglise Catholique. Lumen Gentium indique bien "nulle dérogation, nulle addition n'en résulte quant à la dignité et à l'efficacité de l'unique Médiateur, le Christ."

Matthieu : On a le droit de ne pas être d'accord avec le Cardinal Ratzinger sur ce point. Avec les mêmes arguments, on aurait pu interdire l'expression "Mère de Dieu" qui est encore plus scandaleuse et explosive - et on aurait rejeté à jamais "l'immaculée conception" qui allait à contre-courant de la pensée de la majorité de théologiens et qui s'écartait "aussi bien de l'Écriture que des écrits patristiques". Il n'y a pas plus de raison que le terme "co-rédemptrice" obscurcisse l'unique Rédemption du Christ que le terme "médiatrice" obscurcisse l'unique Médiation du Christ ou que l'expression "Mère de Dieu" obscurcisse l'unicité divine. Le tout est de bien expliquer et de bien comprendre ce que l'on veut dire.

La citation que tu fais de Lumen Gentium s'attaque davantage à l'appellation de Marie médiatrice - qui, elle, fait partie, du Magistère. Mais ce serait bien que tu cites la phrase dans son intégralité : "C’est pourquoi la bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, auxiliatrice, secourable, médiatrice, tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l’unique Médiateur, le Christ" (LG 62). Eh bien de même, je pourrais paraphraser : "C’est pourquoi la bienheureuse Vierge peut être invoquée dans l’Église sous le titre de co-rédemptrice, cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l’unique Rédempteur, le Christ".

Hervé : On pourrait te prouver cela avec une déclaration du Christ lui-même, tu resterais sur ta position... Je vais cesser de débattre sur ce sujet, mais t'assure que ton point de vue n'est pas approuvé par le Magistère (même si je ne dis pas que tu es hérétique ;-)). Comme tu admets que le Christ est au coeur de la Foi catholique (et non pas sa mère), l'essentiel est sauf !

Matthieu : Le Christ, par la voix de son Pape, me dit ceci :
"Anche a voi, cari ammalati, giunga la mia parola affettuosa e l’invito a gioire per la nascita dell’Immacolata Madre di Dio. Maria, pur concepita e nata senza macchia di peccato, ha partecipato in maniera mirabile alle sofferenze del suo divin Figlio, per essere CORREDENTRICE dell’umanità. Voi lo sapete, il dolore se unito a quello del Redentore ha un grande ed insostituibile valore salvifico. Intuite, allora, la preziosità inestimabile della vostra grande missione, sulla quale invoco le consolazioni di Maria, le gioie più profonde che per voi ha preparato il suo purissimo Cuore di Madre."

"Comme tu admets que le Christ est au coeur de la Foi catholique (et non pas sa mère), l'essentiel est sauf !" Sauf que je dis que Marie est au coeur de la Foi catholique AVEC son Fils (mais non certes pas au même plan) - puisque l'on ne peut séparer dans l'économie du Salut le Nouvel Adam et la Nouvelle Eve (Oh la la, comme je suis provocateur!...😄)

lundi 20 mai 2019

Marie, médiatrice et co-rédemptrice... avec toute l'Eglise! - Dialogue avec les lecteurs (3)

Suite de la discussion avec les lecteurs du blog Totus Tuus au sujet de mon article sur "Marie, médiatrice et co-rédemptrice... avec toute l'Eglise!"

Commentaire n°13 posté par R.M

Par "instrument humain", j'ai voulu mettre l'accent sur l'humanité de Marie. Les termes étaient sans doute mal choisis et je vous prie de croire que ce n'était absolument pas dans mon intention de manquer de respect à la mère de notre Seigneur.

"J'achève en ma chair ce qu'il reste à souffrir des épreuves du Christ pour son corps qui est l'Eglise". Jésus-Christ a dit sur la croix : "Tout est accompli". Il n'y a donc plus rien à ajouter à son oeuvre de rédemption, elle est parfaite. Etant vrai Dieu et vrai homme, il est dans ce sens le seul Rédempteur, ce que vous croyez également. Ce verset de Colossiens, isolé de l'ensemble du Nouveau Testament, n'implique pas que nos souffrances ont un caractère expiatoire pour nous-mêmes ou pour les autres et que nous soyons des co-Rédempteurs. Les disciples de Jésus-Christ le suivent dans la voie où il a marché. Jésus souffre en son corps qui est sur la terre. Les disciples, étant son corps, ont communion avec ses souffrances. Ses enfants portent l'opprobre de Christ, ils sont participants de l'affliction et de la patience du Christ. Ainsi, les afflictions des fidèles sont bien les afflictions de Christ. Dans ce sens, il manque aux afflictions de Christ tout ce que l'Eglise doit encore souffrir jusqu'à ce que Jésus revienne.

Concernant le fait que j'aurais fait de Jésus un homme du passé : l'unité de la Trinité est toujours présente dans l'action de chacune des Trois Personnes divines. On ne peut pas dissocier Trois les Personnes de la Trinité, même si elles peuvent avoir des manifestations différentes. En parlant du Saint-Esprit, j'ai pensé à Jean 16.8 : " Quand le Saint-Esprit sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement." Et Jean 14.20 : "Mais le Consolateur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit." Bien sûr, Jésus agit dans son Corps qui est l'Eglise, mais pas sans le Père et l'Esprit Saint, et la prédication fidèle de ses témoins dont est constituée l'Eglise, son Corps.

Nous ne sommes pas des pantins malgré le fait que : "c'est Dieu qui produit en nous le vouloir et le faire, selon son dessein bienveillant" (Philippiens 2.13). Ce que Dieu a décidé de toute éternité s'accomplira. Par exemple le fiat de Marie, l'acquiescement des disciples Pierre et André, et leur fidélité dans leur vocation difficile. Le refus du jeune homme riche est son entière responsabilité mais n'échappe pas non plus à l'entière souveraineté de Dieu sur toutes choses. Son refus n'échappe pas à la cause première, Dieu, et cependant, n'entame en rien sa liberté et sa responsabilité (cf. Thomas d'Aquin sur les causes subordonnées totales). En bonne métaphysique thomiste, la cause première n'abolit jamais les causes secondes, celles-ci étant englobées par l'action de la cause première, Dieu. Dieu n'est évidemment pas responsable du mal dont l'homme seul est responsable. Le problème de Lucifer est une autre question. A ce mystère d'un être parfaitement bon, choisissant le mal librement, il n'y a pas de réponse pour nous ici-bas.

Réponse au Commentaire n°13

R.M,

Je me réjouis que vous soyez un disciple de St Thomas d'Aquin! Je me permets alors de vous renvoyer à la Somme Théologique, en particulier à la troisième partie sur le Christ, les Sacrements et les fins dernières, où il est question notamment de la Médiation du Seigneur, ainsi que du rôle de la Vierge Marie et de l'Eglise dans le Plan de Salut de Dieu.

Vous trouverez votre bonheur ici.

Je vous recommande aussi le "Traité de l'Eglise" du Cardinal Journet, qui est disponible sur la même page.

Et puisque vous évoquiez plus haut l'autorité des Conciles, je vous renvoie à la Constitution Lumen Gentium du Concile Vatican II, en particulier les § 14, et 60 et suivants.

----> Voir aussi les § 846, 970, 2674 du Catéchisme de l'Eglise catholique (entre autres).

Commentaire n°14 posté par Miky

"Si un disciple refuse de suivre le Christ, bon ben Jésus poursuis son chemin, le disciple n'en devient pas un, et voilà. Si Marie refuse de porter le Christ, il n'y a pas de Christ"

Eh bien... Dieu ne pouvait-il pas alors choisir une autre femme ?

"...à moins de penser que Dieu pose des questions rhétoriques, et passe outre le refus de l'Homme, auquel cas il faut se dire heureux que Marie ait accepté, sinon notre religion aurait pris naissance dans un... viol divin ?...   un peu plus dans la tradition zeussienne que juive ou chrétienne."

Un adultère divin est nettement moins grave... Ben oui, je rappelle que Joseph était fiancé à Marie lorsqu'elle tomba enceinte et que l'enfant qu'elle a porté n'était pas de lui mais du Saint Esprit. Donc techniquement, il s'agit bel et bien d'un adultère. M'enfin moi ça me dérange pas trop car je suis assez open là-dessus comme tu sais. Mais pour l'Eglise catholique ça doit être autrement plus gênant non ?

Réponse au Commentaire n°14

Cher Miky,

Dieu pouvait-il choisir une autre femme pour donner naissance à son Fils au cas où Marie aurait refusé l'invitation de l'Ange à devenir la Mère du Seigneur? Personnellement, je ne crois pas. Car de même qu'en Eve (la Mère des vivants), toute l'humanité était "contenue" (d'où les conséquences funestes du péché originel sur chacun de nous personnellement...), de même, en Marie, la Nouvelle Eve (la Mère de tous ceux qui sont nés de nouveau), l'humanité régénérée par le Sang du Christ était "contenue". Dès lors, un refus de Marie aurait signifiée un refus de toute l'humanité rachetée (si cela fût possible). Si Marie ne répond pas OUI à l'Ange Gabiel, alors aucun homme, aucune femme sur la terre ne peut répondre OUI, parce que Marie est la Plénitude de grâce et qu'il n'y a rien de supérieur à la Plénitude de grâce.

Sur "l'adultère divin"... La question est sans doute provocante, mais elle se pose légitimement. Pour ma part, je répondrais deux choses :

1°) que l'adultère n'est concevable par définition qu'après le mariage. Avant le mariage, on ne parle pas d'adultère. Or, Marie était fiancée à Joseph et non pas mariée avec lui quand elle reçut la visite du Saint Esprit. Donc, il n'y a pas en rigueur de terme "d'adultère".

2°) La conception de Jésus en Marie n'est pas du même ordre que la conception d'un enfant entre un homme et une femme. Marie n'a pas été fécondée par Dieu, comme les femmes des légendes païennes devenaient fécondes par l'intervention d'un dieu. "Dans l'Evangile, ce n'est pas le Père - principe masculin - qui donne à la Vierge d'être féconde. C'est l'Esprit Saint - au féminin en hébreu (ruah), eu neutre en grec (pneuma). De la part de Dieu, la conception de Jésus n'est pas une génération, mais une nouvelle création : l'Esprit Saint "vient sur Marie", comme il planait sur les eaux de la Création" (P. Descouvemont, in "Le guide des difficultés de la foi catholique", page 353).

Dès lors, nos liens matrimoniaux ne nous empêche pas d'envisager de réelles épousailles avec le Seigneur (et tel est bien le projet de Dieu : s'unir à chacun de nous de manière intime et nuptiale ; l'Eucharistie n'étant autre que le banquet des noces de l'Agneau). Cela n'implique aucune infidèlité à l'égard de notre conjoint, puisque notre union nuptiale avec lui ne fait pas concurrence à celle que Dieu nous propose. Au contraire, elle le préfigure et l'annonce ; elle en est le Signe visible et prophétique ; elle nous y prépare.

Commentaire n°15 posté par Michel

Cher Monsieur,

Vous citez des versets qui ne sont pas en rapport avec la "vénération" que l'on devrait à Marie. Honorer ne veut pas dire vénérer, sauf si vous parlez au sens figuré.

vénérer /ve.ne.ʁe/ transitif 1er groupe (conjugaison)
1. Rendre un culte à Dieu, à un saint ou à des choses saintes ou sacrées. Adorer.
2. (Figuré) Avoir un attachement ou un respect profond pour une personne.
Je vous vénère comme mon bienfaiteur, comme mon second père.

Dans le premier cas, c'est désobéir au premier commandement que de rendre un culte à quelqu'un d'autre que Dieu.

Vous m'avez cité des versets hors contexte. Maintenant, citez-m'en des vrais, pas des prétextes pour justifier une théorie. Un verset clair qui dit textuellement qu'il faut vénérer Marie, comme c'est le cas pour le Christ, par exemple : "Et lorsqu’il introduit de nouveau dans le monde le premier–né, il dit : Que tous les anges de Dieu l’adorent !" (Héb.1.6).

Si maintenant vous parlez de vénérer Marie dans le sens de respect, sachez que l'on a pas le droit de s'adresser aux morts. C'est un péché grave : "Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien, d’enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Eternel ; et c’est à cause de ces abominations que l’Eternel, ton Dieu, va chasser ces nations devant toi." (Deut.18.10-12)

"Pourquoi remettre un échelon pour accéder au Salut? La Bible parle d'un seul médiateur entre Dieu et les hommes : Jésus-Christ. Et vous, avec une référence (Ep. 1.23) sans rapport à notre sujet (médiateur) vous rajouter un échelon : l'Eglise." Je parlais clairement d'un échelon de "Médiation", et non d'annonce de l'évangile, c'est-à-dire "d'ambassadeur" comme je l'ai déjà dit. Il faut être précis avec les termes bibliques, sinon il est impossible de discuter. Il n'y a qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes, mais effectivement beaucoup d'ambassadeurs pour que l'évangile arrive aux oreilles des païens.

Ce que je veux dire, c'est que si l'on croit que pour être sauvé il faut "se repentir de ses péchés et croire en Jésus-Christ" et encore "être dans l'église Catholique", là l'on se retrouve devant le cas où l'église devient médiatrice, c'est-à-dire une secte qui se croit absolument nécessaire pour que Dieu puisse agir en ce monde. Lui qui a pourtant crée le monde à partir de rien. Il ne faut donc pas confondre "médiateur" et "ambassadeur". Le premier est absolument nécessaire, le second est utile, mais non indispensable, car comme le dit Jésus.

"Produisez donc des fruits dignes de la repentance, et ne vous mettez pas à dire en vous–mêmes : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que de ces pierres Dieu peut susciter des enfants à Abraham." (Luc 3:8) Ou bien dit autrement : "ce n'est pas parce que Dieu nous emploie, que nous sommes nécessaires". Si l'on croit cela, c'est que l'on n'a pas réellement compris la grâce de Dieu qui sauve des personnes totalement incapables de se sauver". Ce qui est grave avec cette position, c'est qu'au lieu de mettre sa pleine espérance en "Christ" pour être sauvé, l'on doit encore la mettre en partie sur les hommes, d'où la recheche d'une médiation autre que le Christ, c'est-à-dire Marie ou les Saints.

Bref, pour finir, le Christ n'est plus qu'un élément du salut et non pas "LE SALUT".

"Il n‘y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés" (Actes 4:12).

et 

"Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ. Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité" (Col.2.8-10).

"A Dieu seul, notre Sauveur, par Jésus–Christ notre Seigneur, soient gloire, majesté, force et puissance, dès avant tous les temps, et maintenant, et dans tous les siècles ! Amen ! (Jude 1:25)

Michel

Commentaire n°16 posté par R.M

Cher Monsieur,

Détrompez-vous, je ne suis pas disciple de Thomas d'Aquin, même si je m'y réfère. Le bon sens et les bonnes idées sont la propriété de tous. Thomas d'Aquin peut dire des choses admirables lorsqu'il appuie sa doctrine sur l'Ecriture. (Il ne croyait pas à l'immaculée conception qui n'y est pas. Aurait-il été excommunié plus tard ?) Par contre, ses explications pour soutenir certains dogmes mariaux inconnus de la Bible, le culte des images ou la transsubstantiation, sont insoutenables. Et pour cause ! Il ne s'appuie plus sur l'Ecriture et semble alors oublier les critères d'un raisonnement philosophique saint. Pourquoi donc ? Il veut être obéissant à l'Eglise romaine prétendument infaillible, autorité dernière, au-dessus de Dieu. Avec mes salutations chrétiennes.

Commentaire n°17 posté par le Pasteur Eric

"Si Marie refuse de porter le Christ, il n'y a pas de Christ". Si. Avec une mère qui s'appellera Rachel, Léa ou Déborah... Exactement comme avec le disciple qui refuse de suivre : il y en aura un autre... 

J'ai bien vu la réponse de Matthieu mais Marie ne devient Nouvelle Eve (même si personnellement j'ai un peu de mal avec ce "nouvelle Eve" ) que parce qu'elle accepte. 

Quant à pleine de grâce : kexaritomenh, c'est le passif de xaritow. Emplir de grâce Verbe qu'on retrouve notamment en Ephésiens I, 6. Nous sommes donc nous aussi : emplis de grâce.

Bref, je ne vois pas très bien pourquoi il faudrait aller plus loin que le texte. Dieu choisit une femme. Cette femme accepte. Saluons son choix et honorons là comme nous honorons les prophètes et tous ceux qui ont été pour nous témoins de Dieu.

Réponse au Commentaire n° 17

Un petit point de doctrine catholique au sujet de la Vierge Marie. Le Catéchisme de l'Eglise Catholique nous enseigne très précisément ceci :

"Pour être la Mère du Sauveur, Marie fut pourvue par Dieu de dons à la mesure d'une si grande tâche. En effet, pour pouvoir donner l'assentiment libre de sa foi à l'annonce de sa vocation, il fallait qu'elle fut toute portée par la grâce de Dieu" (CEC § 490).

Au long des siècles, l'Eglise a pris conscience que Marie avait été rachetée dès sa conception. "La bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel" (CEC § 491)

"Cette sainteté éclatante absolument unique dont elle est enrichie dès le premier instant de sa conception lui vient tout entière du Christ : elle est rachetée en considération des mérites de son Fils"(CEC § 492).

"Les Pères de la tradition orientale appellent la Mère de Dieu "la Toute Sainte" (Panaghia), ils la célèbrent comme "indemne de toute tache de péché, ayant été pétrie par l'Esprit Saint, et formée comme une nouvelle créature" par la grâce de Dieu" (CEC § 493).

Par conséquent, à supposer (par impossible) que Marie ait opposée un NON à l'annonce de sa conception virginale du divin Sauveur, je ne vois pas comment une autre femme aurait pu répondre OUI. De même que la première Eve a transmis à sa descendance le venin du péché originel, la Nouvelle Eve (nouvelle créature formée par l'Esprit Saint en vue de la Nouvelle Création en Jésus-Christ, qui est le Nouvel Adam) aurait universellement transmis le venin de son refus en enfermant définitivement l'humanité dans la désobéissance.

Sur l'expression "pleine de grâce", le verbe, employé dans le grec évangélique au participe parfait induit une idée de permanence. La Bible de Jérusalem suggère qu'il faudrait traduire le mot "kécharitôménè" par la périphrase "Toi qui as été et demeure remplie de la faveur divine". Or, comme l'écrivait St Jérôme : "Nulle part ailleurs dans l'Ecriture je n'ai pu trouver une telle formule de salutation. "Salut, pleine de grâce!" Où aurais-je pu lire cela ailleurs dans l'Ecriture? Je ne m'en souviens pas. Jamais cette formule ne fut adressée à un homme : "Salut, plein de grâce". A Marie seule, cette salutation était réservée."

La Vierge Marie n'est donc pas un témoin de Dieu comme les autres. Elle est la Mère du Christ, Roi de l'Univers, et par conséquent Reine des Prophètes, Reine des témoins de Dieu, Reine de l'Eglise, notre Reine à nous, les croyants. Honorons-là donc, oui, mais avec les honneurs dus à son rang!

jeudi 16 mai 2019

Marie, médiatrice et co-rédemptrice... avec toute l'Eglise! - Dialogue avec les lecteurs (2)

Suite de la discussion avec les lecteurs du blog Totus Tuus au sujet de mon article sur "Marie, médiatrice et co-rédemptrice... avec toute l'Eglise!"

Commentaire n°5 posté par R.M

Pour être Médiateur, au sens biblique du terme, il faut être à la fois Dieu et homme, en une Personne divine, condition qui est uniquement celle de Jésus-Christ. Il ne faut pas confondre la notion de médiation avec celle de moyens de grâce, autrement on tombe dans l'hérésie de la grâce créée, véritable divinisation des réalités créées. Croyez-vous réellement à Chalcédoine, croyez-vous vraiment à l'Incarnation ? C'est la venue du fils de Dieu dans la chair, mais une chair semblable à la nôtre, dans une chair pécheresse. Comme Paul n'hésite pas à le dire. Christ a été fait péché pour nous (2 Cor. 5.21), ce qui ne signifie pas qu'il soit devenu pécheur, mais qu'il a vécu dans une chair qui portait la même marque du péché que la nôtre. et cette expression n'est pas accidentelle chez Paul qui, en Romains 8.3, précise que Dieu a envoyé son propre Fils dans une chair semblable (le texte grec dit même plus : homogène) à notre chair de péché. Réfléchissons-y bien : si le Christ était venu dans une chair différente de la nôtre, dans une chair sublimée, s'il était né d'une créature qui n'aurait rien de commun avec les autres créatures, il n'y aurait plus d'incarnation du tout. Dieu aurait fait un pas vers nous, il ne nous aurait pas rejoints. L'incarnation n'aurait pas abouti à notre terre. Christ ne serait pas entré dans notre histoire. C'est pourquoi, Hébreux 4.15-16, nous dit : "Car nous n'avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesse ; au contraire. Il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce pour être secourus dans nos besoin". Et encore en Hébreux 7.23-25, 27 : Il y a eu des sacrificateurs en grand nombre, parce que la mort les empêchait d'être permanents. Mais Jésus-Christ, parce qu'il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n'est pas transmissible. C'est aussi pour cela qu'il peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. (...) ceci, il l'a fait une fois pour toutes en s'offrant lui-même". Et Paul nous dit dans Romains 8.34, " Jésus est à la droite de Dieu et il intercède pour nous". Ceux qui sont nés par l'Esprit de Dieu, qui ont eu une révélation de sa sainteté et de sa miséricorde, qui ont connu l'intimité avec Jésus-Christ, ne recherchent plus ou pas, l'aide de Marie ou des saints, car l'amour, la tendresse et la compréhension de Jésus-Christ, toute sa Personne adorable, est pleinement suffisante pour nous combler de toutes les grâces.

Réponse au Commentaire n°5

Comment savoir si on aime vraiment Jésus? En faisant ce qu'il nous commande (Jn 15. 14).

Or, que Jésus nous commande-t-il sur la Croix? De prendre Marie pour mère (Jn 19. 27).

Pour vérifier si Jésus est réellement notre Seigneur, interrogeons notre relation à la Vierge Marie.

Avez-vous pris Marie pour mère?

Commentaire n°6 posté par R.M

Je n'ai pas pris Marie pour mère, car nulle part, Jésus-Christ me le demande. Par contre, vous ne citez pas correctement Jean 19.26-27, que vous signalez pour dire que Jésus nous commande de prendre Marie comme mère. Voici la citation correcte (Bible Crampon) : Jésus, ayant vu sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : "Femme, voilà votre Fils". Ensuite, il dit au disciple : "Voilà votre mère". Et depuis cette heure là, le disciple la pris chez lui." Pourquoi passez-vous sous silence les autres versets qui nous invitent à venir à Jésus-Christ directement et sans crainte. Ils valent la peine d'être appris par coeur et d'être médités. Voici encore cette parole de Jésus : "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai. Prenez sur vous mon joug, et recevez mes leçons, car je suis doux et humble de coeur ; et vous trouverez le repos de vos âmes. Car mon joug est doux et mon fardeau léger" (Matt. 11.28-30). Dieu serait-il menteur ? Impossible ! Le diable veut détourner les hommes de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, et le découronner. Quant à savoir si nous l'aimons. Pierre croyait l'aimer et il l'a renié, mais il s'est repenti. Dieu nous dit : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C'est là le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Matt. 22.37-39). Qui peut prétendre être arrivé ? Jésus dit encore : "Si vous m'aimer gardez mes commandements". (Jean 14.15,21). Qui peut prétendre le faire ? C'est à cela que nous sommes appelés et que nous devons tendre. Mais nous ne sommes pas seuls en chemin car l'Esprit-Saint nous est donné pour que nous ayons la force de lui obéir et pour aller à contre courant de ce que nous proposent les médias, le monde et ceux qui détestent le Christ.

Commentaire n°7 posté par Michel

Cher Monsieur,

J'ai regardé dans le Nouveau Testament toutes les références avec le mot "médiateur". Ils sont ci-dessous. Il y en a 6 et toujours en rapport à Jésus-Christ :
Galates 3:19 
Galates 3:20 
1 Timothée 2:5 
Hébreux 9:15 
Hébreux 12:24 

Nous, Marie compris, nous sommes des "ambassadeurs". Ce n'est absolument pas la même chose. Vous trompez votre monde !

2 Corinthiens 5:20 : "Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous ; nous vous en supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu !"

La phrase de Paul ci-dessous est donc bien sans équivoque :

1 Timothée 2:5 : "Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus–Christ homme."

A bon entendeur.

Michel

Réponse aux Commentaires n° 6 et 7

Il n'y a qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes : Jésus-Christ.

Il n'y a qu'une seule médiatrice entre Jésus-Christ et les pécheurs : l'Eglise, son épouse, qui est son "accomplissement total" (Ep. 1. 23).


Ne voyez, chers amis, aucune provocation dans mes réponses. Je trouve votre foi en Jésus-Christ admirable, et exprimée avec beaucoup d'amour. Mais ce n'est pas rabaisser le Seigneur que de l'admirer à travers la splendeur de Ses oeuvres, qu'il s'agisse de la Création... ou des Saints que sa Miséricorde a enfantée, au premier rang desquels la Vierge Marie, sa bienheureuse maman (et la nôtre!).


Commentaire n°8 posté par Michel

Cher Monsieur, 

Pourquoi remettre un échelon pour accéder au Salut? La Bible parle d'un seul médiateur entre Dieu et les hommes : Jésus-Christ. Et vous, avec une référence (Ep. 1.23) sans rapport à notre sujet (médiateur) vous rajouter un échelon : l'Eglise.

Je vais être clair : tout mouvement qui se dit "absolument nécessaire" afin que les pécheurs puissent accéder au salut, est une secte. La Bible est claire : un seul médiateur. Et pourquoi cela?
"Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ.
Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité.
Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité." (Colossiens 2.8-10)

Dans Ep 1.23 Vous dites que 'l'Eglise, son épouse, qui est son "accomplissement total" (Ep. 1. 23). 

J'ai regardé cette référence dans plusieurs Bibles, et franchement je ne la trouve pas!

Par exemple dans la bible Crampon (Bible pourtant Catholique)
"Il a tout mis sous ses pieds et il l'a donné pour chef suprême à l'Eglise, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous."
Si l'on suit la logique de ce texte, l'emphase est toujours sur le Christ, et aucunement sur l'Eglise.

Si vous pensez que l'Eglise Catholique est la médiatrice entre le pécheur et Jésus, vous êtes bien alors dans une secte. Car le Christ ayant tout accompli en notre faveur, nous avons un libre accès au trône de la grâce, sans autre médiateur. L'église, elle, est une ambassadrice et si elle devient médiateur, elle prend tout simplement la place de son Seigneur, orgueil suprême.

A bon entendeur

Michel


Réponse au Commentaire n°8

"Pourquoi remettre un échelon pour accéder au Salut. La Bible parle d'un seul médiateur entre Dieu et les hommes : Jésus-Christ. Et vous, avec une référence (Ep. 1.23) sans rapport à notre sujet (médiateur) vous rajouter un échelon : l'Eglise."

Ce n'est pas moi qui rajoute un échelon! C'est Jésus qui constitue son Eglise et qui l'envoie de par le monde enseigner et baptiser. C'est à l'Eglise que Jésus dit : "Allez par le monde entier. Proclamez le Bonne Nouvelle à toute la Création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné" (Mc 16.15-16) C'est donc bien Jésus qui fait de l'Eglise le moyen du Salut pour les hommes. C'est par elle qu'il peut déployer dans l'Histoire sa puissance salvifique. C'est sur elle qu'il répand son souffle en disant : "Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus" (Jn 20. 22-23) Et c'est à elle qu'il déclare : "Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie" (Jn 20.21 ; il faut longuement méditer le "Comme le Père m'a envoyé...") M'est donc avis que le Christ et l'Eglise, c'est tout UN! Vous ne voudriez quand même pas "décapiter" le Christ en séparant la Tête de son Corps? 😟

Commentaire n°9 posté par R.M

Le seul médiateur entre Dieu et les hommes est Jésus-Christ, Dieu le Fils, fait homme. C'est là bien ce que dit l'Ecriture, et nous sommes d'accord. Si c'est indiscutable que l'Incarnation du Fils de Dieu s'est faite par l'instrument humain qui est la vierge Marie, (c'est un fait extraordinaire et c'est pour cela qu'elle est dite Bienheureuse et n'a pas besoin d'autre gloire), cela n'en fait pas pour autant une Co-Rédemptrice ou la Reine du Ciel ou de l'Eglise. C'est imposer aux textes bibliques des affirmations qu'ils ne disent pas. C'est le Saint-Esprit qui applique aux pécheurs les seuls mérites de Jésus-Christ dans leur totalité, par la prédication fidèle de la parole de Dieu, proclamée par ses témoins, dont est constituée l'Eglise, une, sainte, catholique et apostolique.

Commentaire n°10 posté par ti'hamo

... les textes, les textes... et on reprochera aux catholiques d'être légalistes !  les textes, il  me semble, sont formés d'un peu plus que des lettres.

Je vais finir par comprendre ceux qui croient les chrétiens méfiants vis-à-vis de la femme, ou encore croire que certains passants ont un souci avec la maternité (un peu de psychanalyse ça vous dirait ?  :-)

"Nous sommes d'accord Marie n'est qu'un témoins parmi d'autres"
ben un témoin parmi d'autres qui a porté Jésus en elle, tout de même, l'a élevé et nourri,
un témoin qui l'a connu et aimé depuis le début même de son existence, sa conception même.
Un témoin qui est la mère de Dieu (puisque Jésus est Dieu, or elle est la mère de Jésus, donc la mère de Dieu fait Homme. je rappelle. au passage.)

Donc "un simple témoin parmi d'autres", là à part une volonté peu compréhensible de rabaissement de Marie, je ne vois pas.  Ou bien tout simplement un manque certain de conscience de ce qu'est la maternité, l'enfance, l'enfantement... ...?   Un peu du genre à noter "sans travail" sur la fiche de la mère au foyer, non ?

Bon, tout cela pour dire : je comprends mal ce "simple témoin comme les autres", quand on a carrément porté le Seigneur en soi, et lui a donné naissance.

Accessoirement aussi, Dieu envoie son ange, pas seulement pour lui demander "suis-moi", comme Jésus le demandera aux divers  disciples ,
mais "veux-tu me porter?"
Ah. Ce qui n'est quand-même pas tout à fait pareil.
Si un disciple refuse de suivre le Christ, bon ben Jésus poursuis son chemin, le disciple n'en devient pas un, et voilà.
Si Marie refuse de porter le Christ, il n'y a pas de Christ
... à moins de penser que Dieu pose des questions rhétoriques, et passe outre le refus de l'Homme, auquel cas il faut se dire heureux que Marie ait accepté, sinon notre religion aurait pris naissance dans un... viol divin ?...   un peu plus dans la tradition zeussienne que juive ou chrétienne.

Un témoin comme les autres, donc ?

Commentaire n°11 posté par Michel

Cher Monsieur,

Etre légaliste, c'est obéir à des commandements d'homme, comme vénérer et servir Marie.
Marc 7.8 "Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes" et
Matthieu 15:9 "C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes."

Montrez-moi un seul verset qui dit que l'on doit vénérer et servir Marie !

Le disciple, par contre, c'est celui qui croit et obéit à TOUTE la Parole de Dieu.
Jean 8:31 : "Et il dit aux Juifs qui avaient cru en lui : Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples" et 2 Jean 1:6 "Et l’amour consiste à marcher selon ses commandements. C’est là le commandement dans lequel vous devez marcher, comme vous l’avez appris dès le commencement." et Apocalypse 14:12 "C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus".

Concernant le rapport que Marie a eu avec Jésus en chair, pour l'Apôtre Paul, avoir connu le Christ en chair n'est d'aucune importance pour la vie chrétienne :
2 Corinthiens 5:16 
"Ainsi, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair ; et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière."

Vous croyez des doctrines qui ne sont pas dans la Bible. Un chrétien ne doit surtout pas lire la Bible entre les lignes. Ce sont les sectes qui font cela, afin de soumettre les âmes à leur volonté. Je le répète, montrez-moi un seul verset qui nous demande de vénérer Marie, et je le ferai !

Je ne méprise ni Marie, ni les femmes, mais elles ne sont que des créatures comme vous et moi. L'on ne doit en aucune manière adorer ou vénérer la créature.
Romains 1.22-25 : "eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge, et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur, qui est béni éternellement. Amen !"

Salutations.

Michel


Réponse au Commentaire n°9

"Si c'est indiscutable que l'Incarnation du Fils de Dieu s'est faite par l'instrument humain qui est la vierge Marie"

Si ti'hamo tique sur l'expression "un témoin comme les autres", moi, j'avoue que c'est l'expression "l'instrument humain qui est la Vierge Marie" qui ne passe pas. J'espère en tous les cas, R.M, que vous n'omettrez pas de souhaiter le 25 mai prochain une bonne fête à "l'instrument humain" qu'est votre mère...

"...cela n'en fait pas pour autant une Co-Rédemptrice ou la Reine du Ciel ou de l'Eglise. C'est imposer aux textes bibliques des affirmations qu'ils ne disent pas." Ah bon? Et comment comprenez vous alors le "J'achève en ma chair ce qu'il reste à souffrir des épreuves du Christ pour son Corps qui est l'Eglise" (1 Co 1. 24)? Comment se fait-il qu'il reste quelque chose à souffrir des épreuves du Christ? Et si le Christ nous associe ainsi (mystérieusement il est vrai) à sa Passion, comment ne pourrions-nous pas être qualifiés de co-Rédempteurs ?

"C'est le Saint-Esprit qui applique aux pécheurs les seuls mérites de Jésus-Christ dans leur totalité, par la prédication fidèle de la parole de Dieu, proclamée par ses témoins, dont est constituée l'Eglise, une, sainte, catholique et apostolique." Là, vous dévalorisez Jésus, R.M! Vous en faites un homme du passé! Or, c'est Jésus lui-même, PAR son Eglise en laquelle il répand SON Esprit, qui agit et qui sauve AUJOURD'HUI (Cf. Mc 16. 20). C'est bien Jésus Ressuscité par exemple qui se manifeste à Paul et qui s'identifie à son Eglise ("Pourquoi me persécutes-tu?" Ac. 9. 5)

Réponse au Commentaire n°11

"Montrez-moi un seul verset qui dit que l'on doit vénérer et servir Marie ! (...) montrez-moi un seul verset qui nous demande de vénérer Marie, et je le ferai !"

Fastoche! "Honore ton Père et ta mère" (Mc 10. 19 par exemple). A rapprocher du "Voici ta mère" de Jn 19. 27.

Le disciple, disiez-vous, est celui qui croit et obéit à TOUTE la Parole de Dieu? 😇

Commentaire n°12 posté par R.M

– Avant que Dieu nous fasse la grâce de le connaître, nous étions dans les ténèbres et morts spirituellement dans nos péchés (Ce n'est pas moi qui le dit, mais St Paul). – Lorsque Dieu se révèle à nous, sa grâce est irrésistible. – Selon l'Ev. de Jean 1: 12-13, si nous recevons la Lumière (Jésus-Christ), et croyons en son nom, nous recevons la grâce ou le pouvoir de devenir enfants de Dieu ; ceci, non par hérédité, par nos propres efforts, notre volonté ou la volonté de quelqu'un d'autre, mais par la volonté de Dieu qui fait une création nouvelle par la puissance de son Esprit. – C'est pourquoi, nous ne pouvons pas nous glorifier d'avoir dit oui à Dieu, c'est lui qui nous a choisis et nous a ouverts les yeux pour que nous reconnaissions en Jésus-Christ, le Fils de Dieu mort et ressuscité pour nous. – Lorsque Jésus appelle ses disciples, il ne leur demande pas de le suivre. Ce n'est pas laissé à leur bon vouloir. – Il leur dit : Suivez-moi ! C'est un ordre. Les disciples laissent tout et le suivent (étonnant ! Lisez l'Evangile de Matthieu.) – Sans le connaître, ils ont reconnu en Lui un être exceptionnel et sont convaincus par le Saint-Esprit qu'ils doivent Lui obéir. – La même chose s'est produite avec Marie, la mère de notre Seigneur. – L'ange ne lui a pas demandé : Veux-tu porter le Christ, ou veux-tu me suivre ? – Mais il lui a annoncé qu'elle allait devenir enceinte par la puissance du Saint-Esprit. Et pour fortifier sa foi et sa confiance en Dieu, l'ange Gabriel lui annonce que sa parente, Elisabeth, qui était stérile, a conçu elle aussi un fils en sa vieillesse, et elle est dans son sixième mois (voir Luc, ch. 1). – Marie est convaincue par le Saint-Esprit de la véracité de ces paroles et répond : Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole. – Elle avait reconnu que le Dieu tout Puissant avait parlé par la bouche de l'ange Gabriel, et c'était inimaginable pour elle de s'opposer à Dieu. – Ce n'est pas diminuer Marie, mais par respect pour elle, que de refuser tout ce que l'Eglise catholique romaine en a fait au cours des siècles. Elle était l'humble servante du Seigneur et voulait le rester. C'est pourquoi son nom ne paraît pas une seule fois dans l'Ecriture Sainte, dans l'histoire de l'Eglise après la Pentecôtes, du temps des apôtres, ses témoins oculaires.

Réponse au Commentaire n° 12

"Lorsque Jésus appelle ses disciples, il ne leur demande pas de le suivre. Ce n'est pas laissé à leur bon vouloir. Il leur dit : Suivez-moi ! C'est un ordre. Les disciples laissent tout et le suivent (étonnant ! Lisez l'Evangile de Matthieu.) Sans le connaître, ils ont reconnu en Lui un être exceptionnel et sont convaincus par le Saint-Esprit qu'ils doivent Lui obéir."

Les disciples n'auraient pas eu la liberté de choisir de suivre Jésus? Ils auraient obéi comme des pantins? Il y en a un en tout cas qui a résisté à l'appel : c'est le jeune homme riche, qui s'en est allé tout triste. Pourtant, Jésus ne lui avait-il pas ordonné de le suivre? (Mt 19. 21)

"La même chose s'est produite avec Marie, la mère de notre Seigneur. L'ange ne lui a pas demandé : Veux-tu porter le Christ, ou veux-tu me suivre ? Mais il lui a annoncé qu'elle allait devenir enceinte par la puissance du Saint-Esprit (...). Elle avait reconnu que le Dieu tout Puissant avait parlé par la bouche de l'ange Gabriel, et c'était inimaginable pour elle de s'opposer à Dieu."

Marie n'aurait pas eu le choix de refuser le don de Dieu, ou de ne pas croire à la parole de l'Ange? Pourtant, il y en a un qui a douté : c'est Zacharie, quelques versets avant, et qui en est devenu muet! (Lc 1. 13. 21)

"c'était inimaginable pour elle de s'opposer à Dieu." Oui, c'est vrai... comme c'était inimaginable que Lucifer, en pleine connaissance de cause, s'opposât à Dieu. Et pourtant...

"Elle était l'humble servante du Seigneur et voulait le rester." Oui, c'était sans doute sa volonté à ELLE. Mais Jésus ne nous a-t-il pas annoncé que "quiconque s'abaisse sera élevé" (Mt 23. 12)?

"C'est pourquoi son nom ne paraît pas une seule fois dans l'Ecriture Sainte, dans l'histoire de l'Eglise après la Pentecôte, du temps des apôtres, ses témoins oculaires." Moi, je vous propose une autre interprétation de ce fait : cf. Les Evangélistes et la mère de Jésus.

Cela dit, continuez à beaucoup aimer le Seigneur Jésus, et  à l'adorer comme votre Seigneur et votre Dieu! Qu'il vous bénisse abondamment pour cet amour jaloux que vous témoignez en sa faveur! Lui aussi est un Dieu "jaloux"! ;-) (Za 8.2)

lundi 13 mai 2019

Marie, médiatrice et co-rédemptrice... avec toute l'Eglise! - Dialogue avec les lecteurs (1)

Suite à la publication de mon article sur "Marie, médiatrice et co-rédemptrice... avec toute l'Eglise!", des lecteurs réagissent.

Commentaire n°1 posté par Hervé

Cher Matthieu,

La question de la place de Marie est l'objet de discussions depuis longtemps. Si je suis d'accord pour dire que la Sainte Vierge est associée au mystère du Salut, qu'elle  a une place unique dans l'humanité car elle a accepté de donner la vie au Christ, je trouve que l'expression de "co-rédemptrice" est ambigüe. Celle-ci pourrait laisser croire que Marie et Jésus sont au même niveau, alors que le Christ seul sauve les hommes. Donc nous pouvons légitimement accorder une grande place à Marie, mais le terme de "co-rédemptrice" n'a pas fait l'objet d'un dogme par l'Eglise Catholique, contrairement à celui d'Immaculée Conception. Je te cite un extrait du Concile Vatican II, montrant que notre amour pour la Vierge ne remplace pas le rôle unique du Seigneur : "La bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les traits d’avocate, d’auxiliatrice, de secourable, de médiatrice, tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l’unique Médiateur, le Christ… Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur un même pied que le Verbe incarné et rédempteur"  (in Lumen Gentium, n° 60 à 62).

Commentaire n°2 posté par le Pasteur Eric

"Mais, lui répondis-je un jour : n’as-tu pas l’impression, lorsque tu annonces Jésus-Christ comme unique Médiateur entre Dieu et les hommes, de te comporter… en médiateur entre le monde encore plongé dans les ténèbres du péché, et son unique Sauveur ?"
Là Matthieu, il me semble qu'il y ait une erreur de vocabulaire. En langage théologique le médiateur n'est pas celui qui annonce ou qui témoigne mais celui qui devient moyen de Salut... Christ seul médiateur, cela signifie que Christ est le seul moyen du salut. Par mon annonce, je suis un témoin (de même que Marie l'a été ou que l'Eglise l'est) mais certainement pas un moyen de salut... Bref, je rejoins complètement Hervé : utiliser des termes tels que médiatrice ou, comme vous dites, pire encore co-rédemptrice me semble terriblement dangereux pour l'Eglise Catholique Romaine. En effet, si Christ n'est plus le seul rédempteur et moyen de salut, qu'est ce que le christianisme ?

Réponse au Commentaire n°2

Cher Pasteur,

1°) Hervé ne conteste pas l’expression de "médiatrice", mais celui de "co-rédemptrice".

2°) La citation que Hervé nous rapporte de la constitution Lumen Gentium (Concile Vatican II) permet justement d’écarter toute équivoque quant à la manière qu’a l’Eglise catholique de comprendre l’expression "médiatrice" au sujet de Marie. Relisez-le bien.

Nous sommes tous d’accord pour affirmer qu’il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, Notre Seigneur. Nous le savons par la parole de Dieu : 1 Timothée 2. 5.

Jésus-Christ est le médiateur par excellence et par nature, parce qu’il uni parfaitement et réconcilie en Lui la nature humaine et la nature divine - parce qu’Il est vraiment homme et vraiment Dieu.

Mais si Jésus-Christ est le seul et unique médiateur entre Dieu et les hommes par nature, il nous est donné à nous aussi d’être médiateurs… par grâce.

Dieu nous fait ainsi le cadeau inouï de nous associer pleinement à son projet de Salut du monde, et d’y collaborer activement et… réellement.

Autrement dit, grâce à l’unique médiation du Christ, nous pouvons devenir nous aussi pour nos frères cause de leur salut, en ce sens qu’ils ne pourront être sauvés sans notre témoignage et notre annonce de l’Evangile. La foi naît d’une parole entendue, dit Saint Paul. Et si cette parole ne sort pas de notre bouche, eh bien les hommes ne pourront connaître leur Sauveur et ils ne pourront être sauvés.

C’est en ce sens que nous sommes réellement (nous chrétiens, l’Eglise, et la Vierge Marie à un titre suréminent) cause de salut pour le monde. Non pas certes cause première - qui est Jésus-Christ. Mais cause seconde… et véritable, quoique seconde.

Cela en nous en dit beaucoup, je crois, sur la grandeur de notre vocation chrétienne… et sur notre responsabilité de baptisés !

Et puis : si les chrétiens ne sont pas appelés à devenir d’autres Christs, qu’est-ce alors que le christianisme ?

Commentaire n°3 posté par le Pasteur Eric 

J'aurais tendance à vous répondre que le christianisme c'est que précisément les chrétiens ne sont pas appelés à être de nouveaux Christ (ou alors le terme est uniquement à recevoir comme signifiant "oint"). En effet ce que Jésus a accomplis pour notre salut, c'est pour que nous n'ayons pas besoin de le refaire...

Mais même en restant dans votre logique, j'ai un peu de mal à comprendre. Nous sommes d'accord, Marie n'est qu'un témoins parmi d'autres. Mais alors pourquoi lui donner tant d'importance ? Pourquoi ce titre "suréminent" ?

Réponse au Commentaire n°3

Parce ce qu'elle est la seule créature à avoir été la mère de Jésus, la seule par conséquent dont on peut dire en toute vérité (ce qui est fou, quand on y pense...) qu'elle est Mère de Dieu.

Parce qu'elle a été associée intimement aux mystères de l'incarnation et de la rédemption comme nulle autre créature, ainsi qu'en témoigne l'Evangile.

Parce qu'enfin, élevée dans la gloire du ciel en son corps et en son âme (privilège qu'aucune autre créature au monde n'a reçu de Dieu!), elle intercède pour nous, nous obtient de nombreuses grâces, nous enseigne et nous console, nous conduit vers son Fils, à travers ses nombreuses manifestations et apparitions. Elle est la Vivante, la nouvelle Eve, qui donne naissance, en union avec son Fils qui est le Nouvel Adam, à l'humanité nouvelle. Elle est véritablement à ce titre Mère de l'Eglise.

Quoi d'étonnant d'ailleurs à ce que celle que Dieu a choisie pour donner naissance à son Fils Jésus, participe également de manière privilégiée à l'enfantement de toute l'Eglise qui est son Corps?

Commentaire n°4 posté par le Pasteur Eric

Le problème Matthieu c'est que précisément l'Evangile ne témoigne  pas aussi clairement de cela que vous ne semblez le croire. Même l'annonciation telle que la raconte Luc en dit finalement assez peu sur Marie sur son vécu et son ressenti (certains prophètes de l'Ancien Testament font une expérience encore plus mystique qu'elle : Moïse voit Dieu, Esaïe contemple sa gloire, Elie est enlevé dans un char de feu...) Bref, je ne dis pas que l'évangile vous contredit sur ce point, en revanche vous y voyez des choses qui n'y sont certainement pas explicites. Quant à l'assomption, là nous sommes complètement en dehors des textes, une fois de plus...

Réponse au Commentaire n°4

L'Evangile me révèle que Marie a vécu une intimité avec le Fils de Dieu qu'aucune autre créature n'a eu l'honneur de partager avec elle : elle a porté Dieu dans sa chair (vous rendez-vous compte?) ; elle la cajolé et embrassé comme aucune autre créature n'a pu le faire ; elle l'a nourri, éduqué, accompagné dans sa croissance d'homme, partagé avec lui des moments de joie (les noces de Cana) et de deuil (sans doute la mort de Joseph). Elle l'a enfin accompagné jusqu'à la Croix, lorsque tous ses disciples ont fui. Elle est sans doute le premier et dernier visage humain sur lequel Jésus a posé son regard durant le temps de sa vie mortelle.

Quelle faveur, quel privilège, quelle grâce ont été ainsi accordés par Dieu à cette jeune femme de Nazareth, vous ne trouvez pas?

mercredi 1 mai 2019

Marie, médiatrice et co-rédemptrice... avec toute l'Eglise!


En ce premier jour du mois de mai, mois de Marie - le plus beau mois de l'année - je vous présente un article initialement publié sur le blog Totus Tuus en réponse à l'un de mes lecteurs évangéliques (Stéphane) qui m'avait adressé, sous la forme d'un commentaire, une violente diatribe contre la dévotion mariale des catholiques.

Cher Stéphane,

Ton allergie à la Vierge Marie me rappelle de longues discussions avec un ancien collègue de travail protestant qui n'admettait pas l'idée qu'il puisse y avoir d'autre médiateur entre Dieu et les hommes que Jésus-Christ lui-même.

Il s'appuyait ainsi sur cette parole de la première Epître de Saint Paul à Timothée : "En effet, il n'y a qu'un seul Dieu, il n'y a qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous les hommes." (1 Tm 2. 5)

L'expression de "Marie médiatrice" ou pis, de "Marie co-rédemptrice", le faisait sursauter et provoquait systématiquement de vives réactions de sa part.

Mais, lui répondis-je un jour : n’as-tu pas l’impression, lorsque tu annonces Jésus-Christ comme unique Médiateur entre Dieu et les hommes, de te comporter toi-même… en médiateur entre le monde encore plongé dans les ténèbres de l'ignorance et du péché, et son unique Sauveur ?

Comment se passer en effet de la médiation des hommes pour connaître Jésus-Christ, l'Unique médiateur entre Dieu et les hommes ? La foi naît d’une parole entendue, écrit l’apôtre Paul (Romains 10. 14-17) : "Comment invoquer le Seigneur sans avoir d'abord cru en lui ? Comment croire en lui sans avoir entendu sa parole ? Comment entendre sa parole si personne ne l'a proclamée ? Comment proclamer sans être envoyé ? C'est ce que dit l'Écriture : Comme il est beau de voir courir les messagers de la Bonne Nouvelle ! (…) C'est donc que la foi naît de ce qu'on entend ; et ce qu'on entend, c'est l'annonce de la parole du Christ."

Il n'est donc pas juste d’affirmer que nous n’avons pas besoin des hommes pour connaître Dieu. Tu ne connaîtrais pas Jésus-Christ, Stéphane, si personne ne t’en avait parlé. Ce sont des médiations humaines qui t’ont conduit à lui, à moins que tu aies bénéficié d’une apparition directe et particulière, ce qui n’est pas le moyen ordinaire que le Seigneur emploie pour se révéler.

Sans l’Eglise, personne n’aurait jamais entendu parler de Jésus-Christ, Fils de Dieu envoyé par le Père pour le Salut du monde.

Sans la médiation de Matthieu, Marc, Luc, Jean, Paul, Pierre, Jacques… il n’y aurait pas eu de Nouveau Testament.

Sans médiation humaine, il n’y aurait pas de Bible du tout, car la Bible n’est pas un aérolite descendu du Ciel, mais un Livre (une bibliothèque en fait) écrite de mains d’hommes, sous l’inspiration du Saint Esprit de Dieu.

Il a donc fallu de multiples interventions humaines pour que les textes sacrés nous parviennent en leur forme actuelle, comme il en a fallu encore pour discerner parmi les nombreux écrits contemporains des livres canoniques ceux qui sont inspirés et ceux qui ne le sont pas (les apocryphes).

Et il a fallu aussi la médiation de Marie pour que la Parole de Dieu se fasse chair. Sans l’acquiescement de la Vierge à la parole de l’Ange, Jésus-Christ ne serait pas né. C’est en ce sens d’abord que Marie est co-rédemptrice. C’est par elle - par un acte de sa libre volonté - que le Salut est entré dans le monde, comme ce fut par Eve - par un acte de sa libre volonté - que le péché est entré dans le monde. Jésus-Christ est ainsi le Nouvel Adam, Principe de la Nouvelle Création, et Marie, préfigurant l’Eglise toute entière, la Nouvelle Eve.

Tout cela ne remet nullement en cause la vérité que tu as bien raison de proclamer sur tous les toits, à savoir que Jésus-Christ est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, l’unique Rédempteur, et qu’il n’y a pas d’autre nom par lequel nous puissions être sauvés : "En dehors de lui, il n'y a pas de salut. Et son Nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver." (Actes 4.12)

Mais ceci posé, de même qu’il a fallu de multiples médiations humaines pour que la parole de Dieu raisonne à nos oreilles d’homme et touche nos coeurs, de même qu’il a fallu la médiation de Marie pour que l’unique Sauveur des hommes vienne au monde, il faut maintenant la médiation de l'Eglise pour que la Bonne nouvelle du Salut offert par Dieu en Jésus-Christ parviennent aux extrémités du monde. "Allez dans le monde entier, dit Jésus à ses disciples avant de partir vers son Père. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création". (Mc 16. 15) Sans cette proclamation, sans cette "parole entendue", les hommes (et c’est terrible à dire) ne pourront accueillir leur Sauveur par la foi, et le salut du monde ne pourra se réaliser.

"De même que le Père m’a envoyé [et institué, pourrait-on dire, unique médiateur entre le Ciel et la Terre], moi aussi, je vous envoie [et vous institue à mon tour uniques médiateurs entre le Monde et son Unique Sauveur]" (Jn 20. 21). Il nous faut prendre au sérieux cet envoi. Il manifeste la grandeur de l’homme à qui est donné, par Jésus-Christ lui-même, le pouvoir de participer à l’oeuvre divine de Rédemption du monde. Par lui, avec lui et en lui, nous sommes médiateurs et co-rédempteurs du monde. C’est ce que suggère Saint Paul lorsqu’il écrit en Colossiens 1. 24 : "J’achève en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l’Eglise".

Le salut du monde dépend donc en un sens tout autant du sacrifice volontaire du Fils, que de la proclamation de l’Evangile par l’Eglise,… et par la Vierge Marie, la "Reine des Apôtres". Sur tous les lieux d’apparitions de par le monde, elle joint sa voix à celle de l’Eglise pour proclamer, ainsi que tu le fais fort bien, Stéphane : "Jésus-Christ est Seigneur, il est l’unique Sauveur des hommes, tournez-vous vers lui et vous serez sauvés". Partout où Marie se manifeste dans son corps glorieux, des foules viennent et se convertissent par millions… à Jésus-Christ et à son Eglise.

La mission que la Vierge Marie tient du Seigneur est donc celle de toute l’Eglise : conduire l’humanité à son Unique Sauveur. En ce sens, elle est médiatrice et co-rédemptrice. Avec toute l’Eglise.

dimanche 23 décembre 2018

QSF1 : Est-il raisonnable de croire que Jésus soit né d'une vierge?

Question : Est-il encore raisonnable de croire au XXIe siècle que Jésus est né d'une vierge?
Une amie catholique, semblant soudainement réaliser l'énormité de la foi en la naissance virginale de Jésus, me disait : "Tu te rends compte de ce en quoi nous croyons?" Et je voyais dans ses yeux  comme l'ombre d'un doute.
Un homme... sans père... né d'une jeune fille vierge...
Combien de non-croyants se moquent-ils de cet article de foi, se riant de notre candide naïveté. Ne savons-nous pas comment l'on fait des enfants? Faut-il que les catholiques aient si peur de la sexualité pour oser croire pareille fable : que l'on puisse enfanter en dehors de toute étreinte charnelle? A moins que les catholiques ne cherchent à se persuader de la vertu de la mère de Jésus en surexaltant celle-là - comme pour masquer une réalité moins glorieuse...

Il ne s'agit pas ici de traiter la question de savoir si la naissance virginale de Jésus est vraie ou fausse - cela est une question de foi en la Parole de Dieu qui nous dit : "Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : 'Dieu-avec-nous'" (Mt 1.23) Il s'agit simplement de déterminer si cette croyance est raisonnable - ou non parce qu'impossible ou absurde.

Réponse : Croyons-nous en Dieu, Créateur du Ciel et de la Terre? Si oui, alors où est le problème? Si Dieu a su créer de rien le Ciel et la Terre par sa Puissance, à combien plus forte raison peut-il créer un homme (qui est moins que "le Ciel et la Terre") d'une vierge (qui n'est pas "rien"). Qui peut le plus peut le moins. Le doute que l'on peut avoir sur la naissance virginale de Jésus nous interroge donc sur notre foi en la puissance créatrice de Dieu. Si je crois Dieu capable de faire surgir l'être du néant, il n'y a intellectuellement aucune difficulté à admettre qu'il soit capable de faire naître un être d'un autre être. La naissance virginale de Jésus relève sans doute du miracle - mais Dieu n'est-il pas capable de faire des miracles?

Si l'on ne croit pas en Dieu Créateur, il est logique de douter que Jésus ait pu être conçu dans le sein d'une Vierge. Mais je ferais remarquer qu'il est beaucoup plus raisonnable de croire en Dieu créateur au XXIe siècle qu'il ne l'a jamais été au cours des siècles précédents. Ce que la science a découvert en effet de l'univers et de son évolution (au XXe siècle), de la nature terrestre et de son évolution (au XIXe siècle), rend impossible et irrationnelle une vision métaphysique athée du monde. Dès lors, non seulement il est raisonnable de croire encore au XXIe siècle en la naissance virginale de Jésus, mais il est même plus raisonnable d'y croire au XXIe siècle que jamais - car nous savons aujourd'hui que le monde ne possède pas en lui sa propre raison d'être (cela est impossible, sauf à le diviniser) et que celui-ci est donc nécessairement l'oeuvre d'un Dieu Créateur qui possède en Lui la puissance de créer de rien le Ciel et la Terre - et a fortiori un fils d'homme d'une vierge.