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mardi 5 mars 2019

Faut-il être théologien pour être catholique? - Dialogue avec un lecteur

Suite à la publication de mon article "Faut-il être théologien pour être catholique?", un lecteur réagit.

Commentaire n°1 posté par Hervé

Bonjour Matthieu,

Je suis en grande partie d'accord avec toi : il faut se former au niveau religieux pour "rendre raison de notre Foi". Mais tout le monde ne peut pas devenir théologien. Comment les personnes qui ont des capacités intellectuelles limitées (faible niveau scolaire, handicap...) quand elles ne peuvent pas effectuer le travail dont tu parles ?? Un certain nombre de personnes ne peuvent recevoir comme formation que le catéchisme, les homélies dominicales sans être en mesure d'étudier les livres de théologiens. Cela ne les rend pas moins catholiques pour autant.

Le problème vient plutôt du fait que des personnes très instruites dans les "sciences profanes" refusent souvent d'approfondir leur foi, se contentant de souvenirs datant de leur enfance. Et puis il y a aussi des catholiques de bonne volonté qui ont du mal à dégager du temps pour mieux comprendre l'Enseignement de l'Eglise, d'autres qui n'ont pas d'accès aux livres ou à Internet (je pense à nos frères vivant dans des pays défavorisés).

Pour les jeunes parisiens, c'est vrai que nous n'avons pas beaucoup d'excuses : les paroisses sont actives et proposent plein de formations (de même que la Catho, le Collège des Bernardins...), il y a diverses librairies et bibliothèques, nous avons de nombreuses possibilités pour avancer dans notre connaissance de la Foi chrétienne, quel que soit notre niveau initial.

Donc je suis d'accord pour encourager la formation continue des laïcs, mais il me semble un peu dur d'exiger que tous deviennent "théologiens" obligatoirement. Chacun fait selon ses capacités, même s'il ne faut pas oublier que celui qui a reçu des talents doit les faire fructifier...

Réponse au Commentaire n°1

Ce que je voulais exprimer, cher Hervé, c'est que tout catholique est théologien par nature. Il est impensable d'être catholique sans croire par exemple à la Trinité ou à la divinité de Jésus ; que l'on soit européen, africain, jeune, vieux, handicapé ou valide, très instruit ou de faible niveau scolaire.

Il y a certes toujours des cas limites qu'on peut évoquer, et qui contredisent la règle. On appelle ça des exceptions. Mais les exceptions ne remettent jamais en cause la règle elle-même - un adage populaire dit même avec ironie que l'exception confirme la règle! On ne raisonne jamais en théologie ou en morale à partir des exceptions (sinon, on ne pourrait jamais plus raisonner).

Cela dit, dans les cas que tu cites, je nuancerais. Je connais des handicapés qui ont une vive conscience par exemple de la présence réelle de Jésus au tabernacle. Par là-même, ils manifestent une intelligence de la foi bien supérieure à la moyenne. Il est des personnes handicapées qui sont certainement bien plus favorisées des lumières divines que nombre de théologiens de profession. Seuls les saints d'ailleurs sont les véritables théologiens. Et la sainteté, comme tu le sais, n'est pas réservée à une élite intellectuelle (fort heureusement...). Si la théologie s'efforce de penser les vérités de la foi, la sainteté, elle, "donne accès à la réalité dont parle la théologie", comme le disait en une formule admirable le cardinal Schönborn aux prêtres rassemblés en retraite à Ars, le 29 septembre 2009. Le Cardinal et immense théologien Hans-Urs Von Balthasar parlait, lui, de la "dogmatique expérimentale des Saints"...

Maintenant, pour revenir à ton propos, je suis d'accord avec toi : le principe de base demeure toujours le "à chacun selon ses capacités". "Même s'il ne faut pas oublier que celui qui a reçu des talents doit les faire fructifier..." ainsi que tu l'écris toi-même si bien.

dimanche 3 mars 2019

Faut-il être théologien pour être catholique?

Nous avons réfléchi dernièrement sur ce qui pouvait constituer l’essence de l’identité catholique, et avons vu à cette occasion que le qualificatif de "catholique" était exempt en soi de toute connotation morale subjective, le terme renvoyant simplement à l’appartenance objective et visible de la personne à l’Eglise catholique ; pas plus, pas moins.

Pour objective qu’elle soit, cette appartenance n’est pas extérieure à nous-même : elle implique de notre part une adhésion explicite, consciente et volontaire aux dogmes de la foi catholique : aux articles du Credo, tels que l’Eglise catholique les a compris et explicité dans ses catéchismes successifs ; mais aussi au développement de la Tradition (qui est le déploiement de la Parole de Dieu et de l’intelligence de la foi dans l’Histoire) et du Magistère (qui désigne l’enseignement des Apôtres et des évêques qui leur ont succédé, unis à Saint Pierre et à son successeur sur le siège romain : le Pape).

Notre lectrice, Nathalie, à qui était spécialement dédiée l’article précédent, réplique à nouveau : "Etre baptisé, si je suis ton raisonnement, si cela est un fait objectif, ne suffit donc pas pour faire d'une personne un catholique. Car l'adhésion de la personne concernée est nécessaire. Ce qui, par exemple, me fais demander ceci : faut-il être théologien pour être catholique ? (…) Car, pour adhérer au magistère et à la Tradition, il faut en connaître quelque chose, n'est-ce pas ? Du moins est-ce la logique de la démarche. Autrement dit, est-ce que l'ignorance en matière religieuse peut remettre en question mon titre – ou ma qualité – de catholique ? Cela nonobstant les sacrements que j'ai pu recevoir – baptême, 1ère communion, confirmation, mariage."

Faut-il être théologien pour être catholique ? Sans hésiter, je répondrai… OUI. Encore faut-il s’entendre sur le sens du mot "théologien". La théologie, étymologiquement, désigne un discours sur Dieu, une pensée sur Dieu ("théo" signifiant Dieu, et "logie" la parole, ou la raison, la pensée). Dès lors, le catholique est théologien par nature puisque le Credo qu’il professe est porteur d’une certaine idée de Dieu et de Ses relations avec les hommes. Le catholique croit en un Dieu personnel et Trinitaire ; un Dieu qui s’est fait homme en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour notre Salut ; un Dieu dont l’Esprit est descendu sur la communauté des disciples (l’Eglise) le jour de la Pentecôte ; un Dieu qui vit avec nous tous les jours et jusqu’à la fin du monde dans son Eglise (cf. Mt 28. 20) et qui se manifeste entièrement en elle et par elle.

Donc : le baptême ne suffit pas. Ou plutôt si : il suffit. Car le baptême n’est pas simplement un sacrement que l’on reçoit un jour du temps ; ce n’est pas seulement un événement du passé, daté et révolu, dont on peut faire mémoire avec nostalgie, en compulsant les pages jaunies d’un album-photo. Le baptême ne se réduit pas à la seule cérémonie religieuse que l’on a célébrée à l’église du coin, avec sa famille rassemblée ; il ne consiste pas dans le seul fait d’avoir reçu à cette occasion un peu d’eau sur le front. Le baptême est fondamentalement un engagement de la personne baptisée : l’engagement de vivre en enfant de lumière selon la foi confessée par l'Eglise, dont nous renouvelons solennellement la profession publique chaque année lors de la vigile pascale, en la nuit de Pâques.

Le baptême est donc inséparable de la confession de foi, de l’affirmation publique de notre attachement à la pensée de l’Eglise catholique sur Dieu et sur la manière de vivre notre relation à Lui. En ce sens, le baptême fait de nous des "théologiens". Cela est si vrai qu’il est impensable aujourd’hui de baptiser un adulte (ou un enfant d’un certain âge) sans qu’il se soumette préalablement à une préparation (le catéchuménat) relativement longue dans la durée, puisqu’elle s’étend en général sur deux années : soit le temps que l’Eglise se donne pour enseigner le catéchumène sur sa théologie et sur ce qu’elle implique dans la vie concrète du baptisé. On ne baptise en vérité dans l'Eglise catholique que des "théologiens" catholiques, c’est-à-dire des personnes qui décident en toute conscience et liberté de faire leur la foi de l’Eglise catholique. "Revêtir le Christ" sous ce rapport signifie donc aussi revêtir le vêtement blanc de l’Eglise, de sa doctrine de vérité et de Salut qui lui vient du Christ et qu’elle a pour mission d’enseigner aux nations (cf. Mt 28. 18-20 ; Ac 4. 2 ; etc.)

Bien sûr, ce que nous disons là du baptême ne concerne pas les petits enfants, qui sont baptisés à un âge où ils n’ont pas encore conscience de ce qu’ils font. Mais ceux-ci sont portés par le libre engagement de leurs parents de les éduquer dans la foi catholique ; et parvenus à l’âge de la claire conscience et de la libre volonté, ils seront invités à ratifier personnellement l’engagement baptismal pris pour eux par leurs parents, et à s’approprier la théologie catholique telle qu’elle se trouve résumée dans le Symbole des Apôtres ou le Credo de Nicée-Constantinople. Un catholique ne peut donc faire l’économie de la libre adhésion à la pensée théologique de l’Eglise catholique et à la vie qui en découle. C’est cet acte de libre volonté à l'égard de la théologie catholique qui me va me constituer comme "catholique" ; c’est mon rapport aux dogmes de la foi catholique qui va me situer objectivement dans mon appartenance confessionnelle.

La formation théologique impliquée par le baptême et qui en est ordinairement l’une des conditions, est rendue plus nécessaire encore par le sacrement de Confirmation. Le Sacrement de Confirmation est en effet le Sacrement par excellence de l’envoi en mission. L’Esprit Saint nous est donné afin que nous témoignions du Christ ressuscité au monde entier ; afin que nous soyons en mesure de rendre compte de notre foi à quiconque nous demandera raison de l’espérance qui nous habite (cf. 1 P 3. 15). La Mission nous invite à entrer en dialogue avec les hommes de notre temps, et à confronter notre pensée "théologique" avec les différentes conceptions de nos contemporains (sur la vie, l'amour, la mort ; l’homme, la société, les rapports de celle-ci avec le fait religieux, etc.). Pour que cette mission ne tourne pas au bourrage de crâne (l’annonce "marteau-pilon") ou au dialogue de sourd ("à chacun sa foi"), il est essentiel de rejoindre les hommes là où ils se trouvent, et de leur porter la lumière de l’Evangile sur les chemins enténébrés où ils peuvent se trouver englués.

Par exemple, à quelqu’un qui défend l’avortement ou l’euthanasie, il ne suffira pas de lui clamer : "Christ est ressuscité, convertis-toi mon frère" ! Il faudra aussi lui dire notre conception de l’homme, et lui faire entendre la position de l’Eglise sur ces sujets-là – ce qui implique de la connaître. De même, à celui qui nie la divinité de Jésus ou sa naissance virginale dans le sein de Marie, il faudra être en mesure de lui opposer les arguments qui sont ceux de l’apologétique catholique depuis plus de deux mille ans. Autrement, nous ne serions pas fidèles à notre mission. Non pas que la conversion des hommes dépende de l’échange d’arguments rationnels ; mais notre témoignage consiste aussi à dire à nos contemporains la manière dont l’Eglise de Jésus-Christ – et partant, Jésus-Christ lui-même – voit l’homme et son rapport à Dieu et au monde. Aux hommes qui nous interrogent à partir de leurs préoccupations et de leur mode de pensée, il faut apporter une réponse qui fasse sens pour eux, et qui soit porteuse en elle-même de la lumière de l’Evangile. Ce qui implique un effort de formation dont l’exigence ne s’éteint pas avec baptême, mais s’accroît tout au contraire avec la Confirmation, et a vocation à se poursuivre tout au long de notre vie. Nous avons tous ainsi le devoir impérieux de hisser nos connaissances spirituelles et religieuses au même niveau que nos connaissances profanes. Il n’est pas normal qu’un polytechnicien ou un énarque ait un niveau CP en catéchisme !

Cela dit, nous ne saurons jamais tout sur tout. Nous serons toujours en deçà de ce que le Seigneur nous demande. Nous serons toujours des ignorants de la foi, en ce sens que ce que nous ignorons sera toujours infiniment supérieur à ce que nous savons. Il ne faut pas s’en affliger ni s’en s’inquiéter : il faut simplement travailler, sûr que ce travail portera ses fruits, ne serait-ce que dans notre cœur. A l'inverse, nous devons être convaincus que la paresse intellectuelle peut nous porter un grave préjudice. A défaut d’avoir labouré notre cœur avec la bonne semence de l’enseignement salvifique du Christ, nous risquons d'être fragilisés et vulnérables face au scepticisme ambiant, au relativisme de notre société et à l’athéisme de nos contemporains. L’ignorance religieuse (dans la limite imposée par les exigences intrinsèques au baptême dont j’ai parlé plus haut) ne nous disqualifie certes pas en droit de notre titre de "catholique" ; mais elle peut nous le faire perdre en fait par la contamination progressive de notre pensée par celle du monde, avec le venin du soupçon dont elle est porteuse. Autrement dit : je peux perdre la foi si je ne prends pas soin de la petite graine du Salut qui a été déposée en moi le jour de mon baptême. Comme une plante, le développement de ma foi dépendra du soin dont je l’aurais entouré.

"Un peu de science nous éloigne de Dieu, disait Louis Pasteur ; beaucoup nous en ramène". Pour croire solidement, durablement et fidèlement, il me faut donc un surcroît de science et d'intelligence ; il me faut travailler, "bûcher" ma foi comme aime à dire le Père Guy Gilbert : c’est-à-dire "bûcher" la Parole de Dieu ; "bûcher" le Magistère catholique sur tous les sujets sur lesquels je suis interpellé ; "bûcher" mon catéchisme. Ce qui est certainement plus facile aujourd’hui qu’à une certaine époque, de par l’essor d’Internet qui offre aujourd’hui diverses manières simples et variées de se former : que ce soit par les blogs ou les enseignements disponibles en ligne (cf. les Cours Alpha, les sites qui proposent des cours en libre écoute ou une initiation à la théologie, et tant et tant d’autres possibilités).

Cela dit, je pense que rien ne remplacera les livres ou les revues (songeons à Famille Chrétienne, Feu et lumière, Il est vivant!...). Un catholique qui a un certain niveau de diplômes (et je pense que c’est le cas de la plupart des lecteurs de ce blog) doit lire. C’est dans le travail intellectuel qu’un Paul Claudel ou un saint Curé d’Ars (dont la bibliothèque contenait plus de 400 livres) trouvaient les aliments vitaminés de leur foi.

Et si nous allions rendre une prochaine visite à la librairie religieuse la plus proche de chez nous ? 😊


Discussion avec un lecteur suite à la publication de cet article

lundi 11 février 2019

Qu'est-ce qu'un catholique? - Dialogue avec les lecteurs

Suite à la publication de mon article sur ce qu'est un catholique, plusieurs lecteurs réagissent.

Commentaire n°1 posté par ti'hamo
...ah... ça donne envie de se remettre à écrire des pages et des pages...  :-)
Bel exposé tout en délicate clarté.

Commentaire n°2 posté par Nathalie
Merci beaucoup Matthieu pour ce très bel article, très bien argumenté, très travaillé - chapeau bas - et d'un très grand intérêt ! Quelle magnifique argumentation et quel soin tu as pris pour la construire et l'articuler !
En somme, s'il est permis de faire une somme - disons un genre de raccourci -, après cela, pour être catholique, il faut être chrétien - adhérer au Credo et au Christ - mais aussi à l'Eglise catholique, sa Tradition et son Magistère.
Etre baptisé, si je suis ton raisonnement, si cela est un fait objectif, ne suffit donc pas pour faire d'une personne un catholique. Car l'adhésion de la personne concernée est nécessaire.
Ce qui, par exemple, me fais demander ceci : faut-il être théologien pour être catholique ? (je sais, je pousse le bouchon un peu loin et peut-être même que je dépasse les bornes de la mesure, mais bon..) Car, pour adhérer au magistère et à la Tradition, il faut en connaître quelque chose, n'est-ce pas ? Du moins est-ce la logique de la démarche.
Autrement dit, est-ce que l'ignorance en matière religieuse peut remettre en question mon titre - ou ma qualité - de catholique ? Cela nonobstant les sacrements que j'ai pu recevoir - baptême, 1ère communion, confirmation, mariage.
Enfin, je le trouve tellement bien cet article que je m'en vais le citer sur facebook - ça fera une discussion. Et avec les orthodoxes et les protestants de ma connaissance, il y a quelques chances qu'elle soit croustillante, même avec certains catholiques d'ailleurs, et puis je citerai cet article sur mon blog également, avec ta permission bien entendu.

Commentaire n°3 posté par RV
Je signale juste que l'adhésion à l'Eglise figure aussi dans le credo :
Je croit à l'Eglise, une, sainte, catholique et apostolique...." (ce qui implique (même si la forme est raccourcie - une adhésion au Magistère.)
RV

Commentaire n°4 posté par Michaël
Très bien cet article. Je crois que je vais le faire lire à mon épouse qui se dit catholique mais qui est loin de croire dans les 50 points listés par le m'sieur Brun, et qui a le toupet - parfois - de me dire que je suis chrétien et qu'on est une famille chrétienne, simplement parce que j'ai été baptisé, et bien que je n'ai de cesse d'affirmer mon désaccord avec le christianisme sur plusieurs points, et pas des moindres !....

Commentaire n°5 posté par Gilles
Je trouve cet article particulièrement bien fait et pertinent.
Personnellement, je ne suis ni catholique, ni chrétien. C'est-à-dire que je ne confesse pas le Credo. Cela ne m'empêche pas d'être attaché à la personne de Jésus, et de tenir un blog ou je parle de lui et de la manière dont je le perçois. Jésus n'appartient à aucune église ni a aucune religion. Il n'est pas assigné à résidence dans la chrétienté. Chacun est libre de trouver en lui sa nourriture.

Réponse au Commentaire n°5
C'est un peu ce que disait le Pape Benoît XVI lors de la prière de l'Angelus, dimanche dernier : "Nous pouvons ainsi affirmer que Jésus Christ ne regarde pas seulement les chrétiens, ou seulement les croyants, mais tous les hommes, parce qu'il est le centre de la foi, et qu'il est aussi le fondement de l'espérance. Et tout être humain a constamment besoin d'espérance."
Cela dit : si Jésus-Christ n'est pas la propriété exclusive de l'Eglise catholique, l'Eglise catholique est la propriété exclusive de Jésus-Christ. :)

dimanche 10 février 2019

Qu'est-ce qu'un catholique?

J’ai publié précédemment un questionnaire qui se voulait un test pour déterminer l’authenticité de notre foi catholique. Nous savons que beaucoup, à l’occasion de sondages d’opinion, se présentent comme "catholiques". Certains à bon droit. D’autres, simplement parce qu’ils ont été baptisés dans leur petite enfance et qu’ils demeurent vaguement croyants, même s’ils ne vont pas à la messe tous les dimanches.

Nous savons aussi que nombre de ceux qui se déclarent catholiques sont extrêmement critiques à l’égard de l’Eglise du même nom, que ce soit sur ses positions jugées rétrogrades ou intolérantes, ou sur son Pape, considéré comme réactionnaire et dépassé.

Au point que la question : "suis-je catholique ?" doit certainement être reposée par nombre de ceux qui se considèrent comme tel.

Le principal mérite du petit questionnaire de Cyril Brun, qui relevait 50 points fondamentaux et déterminants de l’identité catholique, était de nous re-situer en face de cette question de notre adhésion à la foi catholique.

L’une de nos lectrices cependant, Nathalie, s’interrogeait sur la pertinence d’une telle démarche. "Qui a élaboré ce questionnaire, demandait-elle, et quelle validité (crédit officiel, si je m'exprime bien, comme venant de l'Eglise elle-même) on peut lui accorder ? Ce que j'entendais, en posant cette question, c'est : est-ce que n'importe qui a le droit de décréter que je suis catholique ? Est-ce que moi-même, j'ai autorité pour affirmer, de manière crédible et indiscutable, que je suis catholique ? Si tout le monde est en droit et légitime pour dire, ceci est catholique, cela ne l'est pas, donc je peux dire que JE suis catholique, mais si mon voisin vient affirmer le contraire, que se passera-t-il ? Enfin, pourquoi inventer un questionnaire lorsque nous avons le Credo ? Enfin cela ne répond pas à cette question importante : qui est légitime pour dire qui est catholique et qui ne l'est pas. Moi ? la voisine ? Miky ou Tigreek ? ou l'auteur de ce blog ? Ce questionnaire est bien intéressant, amusant aussi, sans doute juste, mais d'où tire-t-il sa légitimité ?" (commentaire n°7)

Qu’est-ce qu’un catholique ? La question peut être posée aujourd’hui comme elle le fut naguère dans le monde anglo-saxon pour un autre terme, celui de "gentleman" (exemple évoqué par CS Lewis dans son ouvrage sur Les fondements du christianisme). Le mot "gentleman" désignait autrefois un homme qui possédait des armoiries et des biens fonciers. Ce n’était pas un compliment ni une qualité, mais une référence objective toute simple à l'état de son patrimoine. Dire de quelqu'un qu'il n'était pas un gentleman n'avait donc rien d'insultant. On pouvait être à la fois un grossier personnage et un gentleman, comme on peut être à la fois un grossier personnage et diplômé en droit ou en philosophie.

Le mot gentleman a connu cependant une évolution subreptice – un glissement de sens. On a commencé à penser que ce n'étaient pas les possessions matérielles qui définissaient le vrai gentleman, mais bien plutôt sa conduite. A partir de ce moment, l'usage s'est progressivement instauré de dire qu’Untel était "gentleman" non en raison de son état de fortune, mais en raison de sa courtoisie et de sa gentillesse, tandis qu’Untel autre ne l’était pas en raison de sa morgue et de son manque de savoir-vivre. Après quelque temps, le sens du mot "gentleman" était changé : il ne désignait plus la même réalité que celle qu’il visait originellement. Et du coup, dénier à quelqu’un la qualité de "gentleman" revenait à porter sur lui un jugement négatif, et pouvait être considéré par l'intéressé comme une offense ou une injure.

Le changement de sens du mot "gentleman" n’est bien entendu pas un drame – c'est ce qui arrive parfois dans une langue vivante ; mais il serait assurément malheureux que le mot "catholique" subisse le même sort.

Comme l’expression "gentleman", l’expression "catholique" renvoie depuis l’origine à une réalité objective que tout un chacun peut apprécier, et n'implique aucun jugement moral sur la personne ainsi qualifiée – même si idéalement, cela le devrait peut-être. Nous allons y revenir. Or, il arrive aujourd'hui que l’on dise d’une personne qui se conduit humainement et avec générosité envers les autres qu’elle agit "chrétiennement" ou en vrai "catholique". Peu importe qu'elle ne soit pas croyante ou pratiquante : parce qu’elle fait le bien et qu’elle aime son prochain, elle serait plus proche du Christ qu’un prétendu catholique qui passerait son temps à l’Eglise, à prier et à étudier la Bible, mais qui mépriserait ses frères et ne cesserait (par exemple) de médire à leur sujet. Untel, non croyant et non pratiquant, pourrait se considérer ainsi plus "chrétien" ou "catholique" qu’un habitué des assemblées dominicales ou un érudit sur les questions théologiques.

Il faut donc se reposer aujourd'hui la question : qu’est-ce qu’un catholique ? Un croyant/pratiquant? Quelqu'un qui fait le bien? Les deux mon général? Et question subsidiaire : qui a autorité pour dire de son frère qu’il est ou non catholique ?

Si l’on entend par catholique quelqu’un de bien, qui pour cette raison, serait habité par l’Esprit d’amour et de compassion de Jésus-Christ, alors je suis d’accord avec Nathalie : il n’appartient à personne de juger si quelqu’un est ou non "catholique". Dieu seul peut sonder les reins et les cœurs ; il ne nous appartient pas en tant qu’hommes de juger nos frères et de les "chasser" de la catégorie des "gens biens" en leur déniant la qualité de "catholique". Ce serait leur faire offense que de leur dire qu’ils ne sont pas catholiques. Cela reviendrait à porter sur eux un jugement moral dévalorisant. Or, comme chacun sait, il n’est pas permis à un chrétien de juger son frère. "Ne jugez pas, dit Jésus, si vous ne voulez pas être jugés" (Mt 7. 1). "Personne n'est bon, sinon Dieu seul" (Mc 10. 18).

Mais l’emploi du mot catholique en ce sens constituerait une grave dénaturation du mot lui-même. Depuis l’origine du christianisme en effet, le mot catholique désigne un fait objectif, que tout un chacun peut constater : l’appartenance visible à l’Eglise catholique. Tout simplement. Ce qui implique plusieurs choses concrètes et vérifiables.

Le catholique est tout d’abord un chrétien, c’est-à-dire un disciple de Jésus-Christ ; une personne qui adhère au Credo et à toutes les vérités de la foi qui y sont déclinées : la Sainte Trinité, l’Incarnation du Fils de Dieu dans le sein d’une Vierge, la mort et la résurrection de Jésus, la Rédemption du genre humain, etc.

Dire de quelqu’un qui ne croit pas en la résurrection de la chair (qui adhère par exemple à la doctrine de la réincarnation) – ou qui refuse de penser que Jésus ait pu naître d’une vierge – qu’il n’est pas catholique ni même chrétien, cela n'est pas une insulte ni une offense à son endroit : c’est la constatation d’un fait objectif tout simple. Car on ne peut se prétendre catholique si l’on ne croit pas dans les vérités de la foi chrétienne – si l’on n’est pas chrétien. Se revendiquer catholique quand on affirme que la croyance en la Trinité est une perversion polythéiste de l’idée de Dieu, voilà qui n’a pas beaucoup de sens ; bien plus : cela est faux, tout simplement.

Alors certes, comme le rappelle Cyril Brun dans son analyse des résultats du test : une difficulté de croire ne signifie pas un refus de croire. "Mille difficultés ne font pas un doute" disait le Cardinal Newman. Mais face à telle ou telle difficulté, quelle sera mon attitude ? L’ouverture d’esprit ? La recherche active ? OU BIEN le rejet pur et simple ? la dérision ou le mépris ? Dans le premier cas, je reste chrétien, même si j’ai du mal à croire en tel ou tel article du Credo ; dans le second, je ne le suis plus – ce qui est mon droit. Encore me faut-il avoir l’honnêteté intellectuelle en ce cas de reconnaître que je ne suis pas (ou plus) catholique.

Ce qui importe dans l’acte de foi, c’est l’orientation de ma volonté. Je crois lorsque je veux croire. Si je n’ai pas la volonté de croire en la divinité de Jésus, en sa naissance virginale ou en sa prochaine venue dans la gloire, je ne suis pas (ou plus) catholique. Si j’ai le désir de croire en dépit des difficultés que je rencontre pour croire vraiment, je peux dire en vérité que j’appartiens à la famille catholique.

Cela dit, si tous les catholiques sont nécessairement chrétiens, tous les chrétiens ne sont pas catholiques. Pour être catholique, il ne suffit pas de croire en Jésus-Christ, ni dans l’Evangile, ni dans la vérité de l’amour – de cela, nos frères orthodoxes et protestants sont absolument convaincus. Il faut encore croire que le Pape et les évêques sont les successeurs légitimes, dans l’ordre de la grâce, de Saint Pierre et des premiers Apôtres ; que l’Eglise catholique actuelle, institutionnelle et organisée hiérarchiquement autour du Pape et des évêques, est le signe visible de l’Unique Eglise du Christ dont les Apôtres sont les pierres de fondation.

Je réponds donc à Nathalie : Non, le Credo ne suffit pas pour définir un catholique. Les orthodoxes et les protestants aussi le confessent. Pour être catholique, il ne suffit pas de proclamer la foi commune des chrétiens. Il faut encore l’entendre comme l’Eglise catholique l’entend ; affirmer par exemple le "Je crois en l’Eglise catholique" avec tout ce que cela implique de confiance et d’adhésion à la Tradition de l’Eglise et à son Magistère, d’obéissance filiale à ses pasteurs légitimes en communion avec le Pape.


Encore une fois : on peut avoir des difficultés de croire en l’Eglise catholique. Tel enseignement du Magistère peut nous poser problème, ou tel aspect de la Tradition (sur la Vierge Marie ou le Purgatoire par exemple) constituer un obstacle. Mais face à ces troubles, je peux décider :
>> OU BIEN d’approfondir ma foi, prier le Seigneur afin qu’il m’éclaire, étudier les points qui me posent question, interroger des prêtres ou des évêques ;
>> OU BIEN de rejeter en bloc l’enseignement de la Tradition et du Magistère sur ces sujets qui me gênent en considérant qu’après tout, il ne s’agit là que de l’œuvre a posteriori d’hommes et non pas de Dieu.
Dans le premier cas, même si je tâtonne et en viens à dire des sottises (nous sommes tous des hérétiques, disait le Père Molinié), je suis catholique ; dans le second cas, je cesse clairement de l’être. Ce qui importe fondamentalement, c’est l’orientation de ma volonté : est-ce que OUI ou NON, je veux être fidèle au Pape et à l’Eglise catholique ; est-ce que OUI ou NON j’accepte l’autorité de l’enseignement de l’Eglise comme venant du Christ lui-même – "qui vous écoute, m’écoute" (Lc 10. 16) – même si cet enseignement heurte dans un premier mouvement mes convictions profondes ? Si OUI, je suis catholique, nonobstant les difficultés rencontrées ; si NON, je ne le suis pas (ou plus).

Tu vois donc, chère Nathalie, qu’il est relativement aisé de déterminer si tel ou tel est catholique ou ne l’est pas. Il suffit pour cela de savoir si cette personne fait ou non partie de l’Eglise catholique ; si elle souhaite vivre ou non de ses préceptes et de son enseignement. Il s’agit là d’un fait objectif qui n’implique aucun jugement moral sur les personnes qui en font ou n’en font pas partie. Je ne suis pas catholique parce que je suis meilleur que les autres, mais parce que je crois de tout mon cœur en Jésus-Christ, mon Sauveur, et en l’Eglise catholique par laquelle il communique aujourd'hui la plénitude de ses grâces au monde.

Si des catholiques se comportent de manière indigne de leur foi, il serait donc beaucoup plus juste de les considérer comme de "mauvais catholiques" plutôt que de dire qu’ils ne sont pas catholiques. De même qu’il serait préférable de dire d’une personne généreuse qu’elle est… généreuse, plutôt que de dire qu’elle est catholique, lors même qu’elle ne l’est pas objectivement parlant.


Discussion avec les lecteurs suite à la publication de cet article

dimanche 3 février 2019

Test : Êtes-vous catholiques? - Dialogue avec les lecteurs

Dialogue avec et entre lecteurs après la publication du test sur la foi catholique.

Commentaire n°1 posté par Miky
1-2 : NON (mais avec des réserves car je crois en l'Être et en son caractère absolu, nécessaire, etc.)
3-5 : NON
6-7 : NON (mais avec des réserves car je crois en l'Être et en son caractère absolu, nécessaire, etc.)
8-24 : NON
25 : d'une certaine manière, OUI.
26-47 : NON
48 : Plutôt oui à l'indissolubilité (disons qu'il faut faire son possible en ce sens) mais non au caractère sacramentel.
49-50 : NON
Quelque chose me dit que je ne suis pas catholique :-)

Commentaire n°2 posté par le pasteur E.G
Pour plus de clarté, il conviendrait de préciser l'Eglise catholique, apostolique et romaine à chaque fois que l'Eglise est mentionnée... Mais bon, je n'ai pas fait le texte, je ne me pose pas vraiment la question ;)

Commentaire n°3 posté par Tigreek
@Miky : c'est de la triche, tu étais hors concours dès le départ :D
@Matthieu : je crois que je préfère ce genre de questionnement au débat pour savoir qui est hérétique ou pas.
Je dirais que je réponds oui à la plupart des questions. Mes doutes résident essentiellement sur certaines questions concernant la Tradition et le Magistère.
12 : j'apporterais des nuances sur ce qui constitue le péché originel
30 : sur le purgatoire, là, j'ai de sérieux doutes
32-36.39 : oui mais pas seulement (ou alors Eglise en tant qu'Eglise universelle, pas Eglise catholique romaine)
37 : j'ai des doutes, et j'ai cru comprendre que ce principe d'infaillibilité ne s'appliquait que dans certaines conditions bien particulières ?
38 : non, je ne crois pas qu'elle en ait l'exclusivité. C'est mon côté protestant qui dit "Seule la grâce sauve".
47 : oui, à part le fait que je préfère l'appeler "sacrement de réconciliation" (la pénitence est la démarche que j'entreprends avant ce sacrement, et Dieu, dans l'immensité de sa grâce, me pardonne mes péchés, ce qui permet ma réconciliation avec Lui)
49 : j'ai des doutes (mais là encore, ça doit être mon côté protestant)

Commentaire n°4 posté par Hervé
J'avais déjà fait ce quizz sur le site de Cyril Brun que cite Matthieu. Et sans hésitations ni doutes, j'ai 50 OUI, ce qui me permet de supposer (en plus de mon intime conviction relayée par quasiment tous ceux que je rencontre) que je suis Catholique Romain. Une bonne partie des questions est reprise de notre profession de foi (ou Credo) et on utilise une forme interrogative comme celle-ci lors des Baptêmes.
Après, il faudrait développer car si l'Eglise est le lieu du Salut et de la grâce, ces derniers peuvent dépasser les frontières catholiques, Dieu étant bon et miséricordieux. Je suppose que certains orthodoxes, protestants et d'autres hommes ayant suivi leur conscience ont bénéficié de la grâce de Dieu et pourront aller au Ciel sans passer par Rome.

Commentaire n°5 posté par Tigreek
@Hervé : le credo est commun aux différentes confessions chrétiennes, il ne suffit pas pour affirmer être catholique (comme le soulignait Miky lorsqu'on évoquait l'amour pour Jésus...). Et précisément parce qu'il est commun et qu'il regroupe une bonne partie des réponses à ces questions, pour moi cela montre bien que nous sommes plus proches les uns des autres que nous ne l'imaginons !

Commentaire n°6 posté par ti’hamo
...Oh, ben, nous, on est sûrement, forcément et certainement plus proches les uns des autres que ce que nous croyons.
C'est ce que nous pensons qui n'est pas forcément toujours proche.  :-)

Commentaire n°7 posté par Nathalie
Je réponds à peu près oui à toutes les questions, dans la mesure où je les comprends toutes dans leur signification et dans ce qu'elles impliquent de conséquences.
Mais, ce que l'auteur de cet article ne dit pas, c'est qui a élaboré ce questionnaire, et quelle validité (crédit officiel, si je m'exprime bien, comme venant de l'Eglise elle-même) on peut lui accorder. 
Ce que j'entendais, en posant cette question, c'est : est-ce que n'importe qui a le droit de décréter que je suis catholique ? 
Est-ce que moi-même, j'ai autorité pour affirmer, de manière crédible et indiscutable, que je suis catholique ?
Si tout le monde est en droit et légitime pour dire, ceci est catholique, cela ne l'est pas, donc je peux dire que JE suis catholique, mais si mon voisin vient affirmer le contraire, que se passera-t-il ? 
Et puis pourquoi inventer un questionnaire lorsque nous avons le Credo ?
Enfin cela ne répond pas à cette question importante : qui est légitime pour dire qui est catholique et qui ne l'est pas. Moi ? la voisine ? Miky ou Tigreek ? ou l'auteur de ce blog ? 
Ce questionnaire est bien intéressant, amusant aussi, sans doute juste, mais d'où tire-t-il sa légitimité ?
.... Bon, ben ten, j'aime bien votre blog, je le trouve intéressant et vivant, alors je vous rajoute en lien sur le mien.

Commentaire n°8 posté par Tigreek
"Et puis pourquoi inventer un questionnaire lorsque nous avons le Credo ?"
Peut-être parce que, comme Miky et moi l'avons dit, le credo est partagé par les autres familles chrétiennes. Les catholiques n'ont pas le monopole de ce credo, alors s'ils veulent se différencier des autres, il faut trouver autre chose ^^
Mais ça me plaît que plusieurs d'entre vous parlent du credo pour se définir comme catholique. Ca veut dire que vous êtes oecuméniques sans le savoir ! :)

Réponse au Commentaire n°7 de Nathalie
Nathalie, tu trouveras ma réponse complète à ton Commentaire dans cet article : Qu'est-ce qu'un catholique?

Commentaire n°9 posté par Erasmus Minor
Quel étrange questionnaire ? Est-ce là la foi ? Non ! C'est un galimatias entièrement extérieur et dont, malheureusement, il n'y a pas grand chose à tirer ! On dirait un questionnaire pour magazine à grand tirage !
La foi chrétienne - et donc la foi chrétienne telle qu'elle se dit dans l'Eglise catholique - ne peut se résumer simplement à un questionnaire en 50 points dont aucun des mots ou presque n'a été interrogé ! Que veut dire aujourd'hui pour nos contemporains ces mots vides de sens ? Créer, infini, éternel... Mais qu'est-ce que ces mots ? Les avez-vous lus dans les Evangiles ? Certainement pas !
Vous reprenez, sans les interroger, des mots de la tradition certes mais qui ne sont pas des mots de Dieu ! Je suis triste de voir autant de médiocrité mais aussi d'éloignement de Dieu ! Vous fait il peur, le Dieu de Jésus Christ, pauvre et impuissant ? Vous fait il peur, le crucifié humilié ? Dieu est là, frères et soeurs, mutique et épuisé et il l'est encore aujourd'hui ! Comme le dit le Christ devant Pilate : Si j'étais de ce monde - si la puissance avait pour moi le sens de ce monde, et la force, et la domination - j'aurais envoyé mes serviteurs... mais je ne suis pas de ce monde !
Vos pensées sont loin, loin, si loin de l'Evangile de notre pauvre Dieu !
Didier Rimaud avait cette belle expression, prise à l'Evangile : Il y a parmi nous quelqu'un que nous ne connaissons pas ! En voici bien la preuve !
Intégrer d'esprit et de coeur la Tradition de l'Eglise et cessez de rester à brailler des mots que vous ne comprenez pas à la porte !

Réponse au Commentaire n°9
"Que veut dire aujourd'hui pour nos contemporains ces mots vides de sens ? Créer, infini, éternel... Mais qu'est-ce que ces mots ? Les avez-vous lus dans les Evangiles ? Certainement pas !" Certains y sont pourtant... D'autres non, c'est vrai, mais la Bible ne se résume pas à l'Evangile. Il y a aussi l'Ancien Testament et tout le Nouveau Testament (les Actes des Apôtres, les lettres de St Paul...) Or il se trouve que les trois termes que vous évoquez figurent tous trois dans la Bible...
Maintenant, si vous faites référence aux différents concepts soulevés dans le questionnaire, tous ne sont pas dans l'Ecriture, en effet (ainsi les termes de "Trinité", "Incarnation", "Purgatoire"...) Mais si les mots n'y sont pas, leur réalité, elle, s'y trouve.
Faut-il renoncer à les enseigner au motif qu'elles sont difficiles à comprendre? Bien sûr Jésus est homme. Bien sûr il s'est dépouillé de sa gloire. Mais il n'en est pas moins Dieu dans son abaissement. Ce n'est pas pour réduire le mystère que le Fils de Dieu s'est "anéanti" ; c'est pour le manifester. Mystère de sa venue, mystère de sa personne, mystère de son action salvifique... Mystère aussi de notre humanité, de sa vocation, et mystère de l'Eglise qu'il institue et à qui il confie en dépôt les "paroles de la vie éternelle" avec la garantie de sa spéciale protection contre les Puissances du Mal (cf. Mt 16. 18).
Il ne faut pas avoir peur (c'est le terme que vous employez) d'être affronté au mystère s'agissant de Dieu. Ni d'y adhérer par la foi (non pas une foi aveugle bien sûr, mais une foi qui pense et réfléchit).
Alors certes, la foi chrétienne est d'abord une relation à une personne : la personne même de Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur. Mais Jésus-Christ se présente lui-même comme la Vérité (Jn 14. 6) ; il est notre Maître (Mt 23. 10), il nous enseigne : il a des choses à nous dire, auxquelles il nous demande de croire (cf. Jn 3. 12).
On ne peut dissocier l'enseignement du Christ et celui de l'Eglise, car le ministère d'enseignement de l'Eglise lui vient directement du Christ (cf. Jn 20.21) et son autorité lui est assurée par l'Esprit Saint qui lui est donné (cf. Jn 16. 7-15 ; Ac 1. 8...).

Commentaire n°10 posté par Rott Weiler
Bonjour Matthieu,
A beaucoup des questions, j'ai répondu par le doute ou par la négative. 
Pour me situer, j'ai 75 ans. Pendant 5 années, j'ai été coordinateur d'une des équipes EAL, de ma paroisse, laquelle compte plus de 35 clochers. [EAL : Équipe d'Animation Local] et fait encore aujourd'hui, parti de l'équipe funérailles locale.
Suis-je catho ? Suis-je chrétien ? Dieu seul le sait. 
Mais je n'enferme pas Dieu dans un système de croyances. 
Et Dieu ne se trouve pas uniquement dans la sphère catho.
Je suis très proche des pensées de Joseph Moingt développées dans ses livres.
Citation : "L’Eglise catholique, parce qu’elle est le corps même du Christ est un vêtement trop grand pour l’homme. Deux solutions se présentent donc à lui : ou grandir à la taille du manteau ou tailler le manteau à sa propre taille. Dans ce dernier cas, le manteau ne peut être celui de l’Eglise catholique. Il faut donc en tirer les conclusions qui s’imposent et ne pas chercher à transformer l’Eglise en sa propre Eglise."
Une réponse, celle de Maurice Bellet : 
"L’espace christique est plus grand que l’espace chrétien. Entendez : dans l’histoire de l’humanité et à l’heure actuelle, ce que signifie Jésus dépasse tout-à-fait ce que les chrétiens identifient comme leur bien propre. Ce n’est pas du tout leur donner un pouvoir plus vaste sur l’Évangile ! C’est l’inverse : c’est reconnaître qu’il y a, hors des limites des Églises, un rayonnement de la Parole qu’elles risquent d’ignorer – ou de combattre. Beaucoup ont, comme on dit, 'quitté l’Église' ou 'quitté la foi'. Qu’est-ce qu’ils ont 'quitté' au juste ? N’est-ce pas en fait qu’ils sont entrés en un espace plus grand que celui des christianismes institués, mais où l’Évangile peut être agissant, même sous d’autres étiquettes que celles des chrétiens ?" Maurice Bellet, Le Messie crucifié. Scandale et folie, Bayard, 2019, p.149,150. 
Avec mes encouragements pour tes blogs, 
Rott

Réponse au Commentaire n°10
Cher Rott, je vous remercie pour votre sincérité et vos encouragements.
Je publierai prochainement un article pour prolonger la réflexion sur "l'être catholique" - qui devrait vous éclairer un peu.
Que Dieu ne se trouve pas "uniquement dans la sphère catho" et qu'il existe un "rayonnement de la Parole (...) hors des limites de l'Eglise", cela ne fait pas le moindre doute et cela est même... la doctrine catholique! :) Ce qui me gène avec votre citation de Maurice Bellet et qu'on a l'impression que finalement, les "christianismes institués" sont trop étriqués pour l'homme et que celui-ci aurait avantage à gagner le grand large pour intégrer un "espace plus grand" où il pourrait ainsi mieux respirer. Ma vision de l'Eglise est toute inverse : dans un monde vicié par le péché, où l'homme a du mal à respirer (au point qu'il délire : il ne sait même plus la valeur d'une vie humaine, ni ce qu'est un homme et une femme), l'Eglise est une source d'oxygène où l'homme peut trouver à se purifier, spirituellement et intellectuellement : par les sacrements - où la grâce salvifique est communiquée aux âmes et les sanctifie ; par la doctrine catholique - qui nous enseigne les vérités fondamentales que nous avons besoin de connaître pour être sauvés. Cela ne signifie pas que seuls les catholiques seront sauvés - ni que tous les catholiques seront sauvés. Cela signifie que Dieu nous a donné en son Eglise un secours, une aide pour parvenir au salut. On peut ne pas avoir recours à cette aide et être sauvé. On peut avoir recours à cette aide et ne pas être sauvé. Mais il faut avoir conscience que c'est une aide - et qu'on serait finalement bien bête de ne pas y avoir recours. Sans elle, nous restons relativement éloignés de Dieu. "Celui qui va de l'avant sans rester attaché à l'enseignement du Christ, celui-là se sépare de Dieu. Mais celui qui reste attaché à l'enseignement, celui-là trouve le Père et le Fils." (2 Jn 9) Voilà pourquoi je serais assez intéressé de savoir les points sur lesquels vous avez des doutes ou des certitudes négatives. Peut-être pourrions-nous en parler?
L'enjeu n'est pas seulement notre salut éternel. L'enjeu, c'est notre joie ici-bas. La Bonne nouvelle est vraiment... bonne. Elle est vraiment source de joie, parce que Jésus est l'être le plus adorable qui soit - le seul, finalement, qui mérite qu'on lui donne toute sa vie. Dès lors, plutôt que de laisser chacun suivre son chemin et faire du hors-piste au risque de se perdre pour l'éternité, n'est-il pas plus judicieux d'indiquer à tous la piste balisée qui conduit ordinairement au salut - et à la joie de vivre ici et maintenant par Jésus, avec lui et en lui? "Voici comment Dieu a manifesté son amour parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui." (1 Jn 4. 9)

jeudi 31 janvier 2019

Test : êtes-vous catholique?

Dans mon premier article de ce blog, je me suis présenté comme catholique. Il est très important de savoir ce que cela signifie afin que vous puissiez bien me situer et qu'il n'y ait pas la moindre équivoque dans nos discussions sur ce que peut être le fond de ma pensée.

Une lectrice du blog Totus Tuus, témoin de débats houleux avec un frère catholique – qui n'hésitait pas à anathémiser ceux qui n'étaient pas d'accord avec lui, dont votre serviteur – s’interrogeait sur ce qu’est un catholique. « Voyons, c'est une question bien difficile : qui est catholique ? Et qui peut le dire : celui-là est catholique, celui-là non? Quelles sont les conditions précises pour l'être ? La première des conditions n'est-elle pas d'aimer Jésus ? » 

Un autre lecteur lui faisait alors remarquer que « les protestants et les orthodoxes l'aiment aussi, donc ça ne suffit pas ».

Alors, qu'en est-il? Qu'est-ce qu'un catholique?

On pourrait définir le catholique ainsi : "Le catholique est celui qui, étant baptisé, croit et professe la doctrine de Jésus-Christ enseignée par l'Eglise catholique."

L'adhésion aux vérités de la foi enseignées par l'Eglise catholique est donc fondamentale pour me caractériser comme catholique. Si cette adhésion est totale, je suis catholique. Si elle n'est que partielle, je ne le suis peut-être plus. Comment savoir si ce que je crois – ou ne crois pas, ou ne crois plus – fait de moi encore un catholique? Voici un petit test, initialement publié sur le site de Cyril Brun - que je me suis permis de retoucher -, qui peut nous aider à faire le point. Répondez par OUI ou par NON aux questions posées. Puis consultez ensuite les résultats du test en bas de page. 

1. Croyez-vous en l'existence de Dieu ?
2. Croyez vous qu'il n'y a qu'un seul Dieu?
3. Croyez vous que le Dieu unique est Trinité : Père, Fils et Saint Esprit (trois personnes de même nature)?
4. Croyez vous que le Père a engendré de toute éternité le Fils ?
5. Croyez-vous que le Saint Esprit procède de toute éternité du Père et du Fils?
6. Croyez vous que Dieu est infini? (sans limitation dans son être)
7. Croyez-vous que Dieu est éternel (c'est-à-dire sans commencement ni fin - en dehors du temps) ?
8. Croyez-vous que Dieu est bon - qu'Il est Amour?
9. Croyez-vous que Dieu est tout-puissant?

10. Croyez-vous que Dieu a créé le monde visible et invisible (l'Univers physique et les anges) ?
11. Croyez-vous que la Création est une oeuvre de l'Amour de Dieu?
12. Croyez-vous au péché originel et à la Chute qu'il a provoqué ?
13. Croyez-vous qu’il fallait que l’homme fût racheté de ses péchés, et sa nature restaurée?

14. Croyez vous que Dieu s'est révélé à Israël, qu'Il a parlé aux patriarches et aux prophètes ?
15. Croyez-vous que la Bible est la Parole de Dieu?

16. Croyez-vous que Jésus-Christ est le Messie d'Israël ?
17. Croyez-vous que Jésus-Christ est vraiment Dieu : qu'Il est le Fils unique de Dieu incarné (la Deuxième Personne de la Trinité venue en notre humanité)?
18. Croyez-vous que Jésus-Christ est vraiment homme?
19. Croyez-vous que Jésus-Christ est né de la Vierge Marie ?
20. Croyez-vous que Jésus-Christ est mort sur la Croix pour le Salut des hommes?
21. Croyez-vous que Jésus-Christ est descendu au séjour des morts ?
22. Croyez-vous que Jésus-Christ est ressuscité des morts ?
23. Croyez-vous que Jésus-Christ est monté aux cieux et qu'Il règne à la droite du Père ?
24. Croyez-vous que le Saint Esprit a été envoyé sur les Disciples de Jésus au jour de la Pentecôte?

25. Croyez-vous à la vie éternelle ?
26. Croyez-vous au Jugement particulier à l'heure de notre mort?
27. Croyez-vous au Jugement dernier à la fin du monde?
28. Croyez-vous à la résurrection des morts à la fin des temps?
29. Croyez-vous au paradis et à l’enfer ?
30. Croyez-vous au purgatoire ?
31. Croyez-vous à l'intercession des saints ?

32. Croyez-vous en l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique?
33. Croyez-vous que l’Eglise catholique est gouvernée par Jésus-Christ ressuscité, son Chef invisible?
34. Croyez-vous que le Saint-Esprit de Dieu œuvre dans l’Eglise ?
35. Croyez vous que l’Eglise est dépositaire de l’interprétation des Ecritures ?
36. Croyez-vous en la Tradition de l’Eglise catholique, enseignée et préservée par le Magistère de l’Eglise ?
37. Croyez-vous à l’infaillibilité du pape en matière de mœurs et de foi ?
38. Croyez-vous que l’Eglise est dépositaire du pouvoir des clefs (c'est-à-dire du pouvoir d’ouvrir et de fermer les portes du ciel) ?
39. Croyez-vous que l’Eglise est le lieu où Dieu dispense ordinairement aux hommes les fruits de la Rédemption du Christ ?

40. Croyez-vous à la grâce (action sanctifiante de Dieu envers les hommes) ?
41. Croyez-vous aux sacrements (signes efficaces de l’action de Dieu par l’intermédiaire de l’Eglise)?
42. Croyez-vous que le baptême est nécessaire au Salut de tout homme ?
43. Croyez-vous que le baptême nous sauve du péché et efface les conséquences du péché originel en nous ?
44. Croyez-vous que le baptême fait de nous des enfants de Dieu?
45. Croyez vous à la présence réelle (et non symbolique) de Jésus-Christ dans l’eucharistie ?
46. Croyez-vous au sacrement de l’Ordre qui met des hommes (prêtres, diacres, évêques) au service de ’Eglise et de Dieu pour le salut de toute l’humanité ?
47. Croyez-vous au sacrement de pénitence pour le pardon des péchés qui restaure en nous la grâce baptismale ?
48. Croyez-vous au mariage comme sacrement, donc indissoluble ?

49. Croyez-vous à l’Immaculée conception de la Vierge Marie (c'est-à-dire que Marie a été conçue préservée du Péché originel) ?
50. Croyez-vous en la Virginité perpétuelle de Marie?

Résultats :

1/ Vous n’avez que des réponses positives

Vous êtes catholiques en pleine communion avec l’Eglise romaine. Ce qui veut dire que vous adhérez à la totalité de la foi de l’Eglise et que vous cherchez à vivre de cette foi. Cela ne veut pas dire que vous êtes déjà un saint et que tous les préceptes de l’Eglise sont faciles tous les jours pour vous, mais vous tentez de les vivre et de progresser dans cette vie en vue d’une union intime avec Dieu.

2/ Vous avez quelques réponses négatives

Vérifiez si ces réponses sont des NON catégoriques ou des doutes. Dans le second cas, douter n’est pas ne pas croire et douter appelle un acte de foi et de raison. Dans le premier cas, vérifiez la cohérence de votre foi, car la foi de l’Eglise est telle qu’il est impossible de ne pas adhérer à un des points de la foi sans que tout l’édifice spirituel ne s’effondre. La foi est cohérente en elle-même. On ne peut être catholique pour un bout et refuser le reste. Approfondissez votre réflexion et refaites le test, soit vous gagnerez des OUI soit vous gagnerez des NON. Reportez vous alors au numéros 1 ou 3 selon le résultat.

3/ vous avez de nombreuses réponses négatives

Vérifiez s’il s’agit de doutes ou de certitudes. Si vos NON sont catégoriques, vous avez une foi qui est différente de celle de l’Eglise. C’est votre foi, votre choix, votre droit. Mais vous ne pouvez vous dire catholique.
L’Eglise catholique, parce qu’elle est le corps même du Christ est un vêtement trop grand pour l’homme. Deux solutions se présentent donc à lui : ou grandir à la taille du manteau ou tailler le manteau à sa propre taille. Dans ce dernier cas, le manteau ne peut être celui de l’Eglise catholique. Il faut donc en tirer les conclusions qui s’imposent et ne pas chercher à transformer l’Eglise en sa propre Eglise. A ce niveau de refus, il vaut mieux créer sa propre Eglise, ou rechercher la religion qui vous semble correspondre à votre foi et ainsi être en vérité avec vous même. Si malgré ces refus quelque chose vous pousse à rester dans l’Eglise, alors considérez l’Eglise comme votre mère et essayer de grandir à la taille du manteau quelqu’en soit les difficultés, les peurs, les renoncements.

4/ Vous n’arrivez pas à répondre, vous avez des doutes, des questions, des incompréhensions

dimanche 16 décembre 2018

Mon blog et votre blog

Bonjour, je m'appelle Matthieu Boucart. J'ai 46 ans et je suis juriste de profession dans une PME d'une vingtaine de salariés. Je ne créé pas ce blog pour parler de moi, mais de ce qui me tient le plus au coeur - et à la pensée : ma foi catholique. Converti il y a une vingtaine d'année, le Christ est devenu ma passion et ma raison de vivre. A l'instar de Saint Paul, je voudrais dire : "Pour moi, vivre, c'est le Christ" (Philippiens 1. 21).

Je ne suis pas prêtre ni même consacré. Je suis un fidèle laïc comme il y en a tant dans l'Eglise catholique. Un simple roseau dans une forêt immense de plusieurs milliards d'âmes. Mais un roseau pensant qui a des choses à dire, à partager.

Je ressens constamment le besoin de réfléchir, penser et méditer les grandes vérités de ma foi ; de livrer mes réflexions à ceux qui veulent bien les recevoir - quelles que soient leurs convictions. Rien de plus stimulant pour un croyant que la discussion, l'échange, la dispute parfois - entendue au sens intellectuel de disputatio.

Le présent blog n'est pas mon premier. J'ai été pendant plusieurs années l'administrateur du site Totus Tuus. Je le suis encore, mais l'activité de ce blog se réduit désormais à quelques articles par an. L'une des causes tient à l'environnement du blog - sa plateforme - qui a beaucoup évolué et qui ne me paraît plus correspondre à ce qu'il convient. Je déménage, en quelque sorte :) C'est ainsi que l'on retrouvera ici quelques articles du blog Totus Tuus que je rapatrierai progressivement, non sans avoir relu et corrigé le texte.

Mon intention est de parler en toute liberté de ce qui m'anime, de vous partager le fruit de mes études et travaux. Il sera question de philosophie, d'apologétique et de théologie. Même si les sujets que l'on abordera toucheront parfois à des cimes très élevées - puisque nous irons jusqu'à scruter le mystère de Dieu et de Ses desseins pour les hommes -, je tâcherai de faire en sorte qu'elles demeurent très accessibles à tous, toujours. Mon langage sera aussi simple que possible et les articles relativement courts - sauf exceptions si l'on ne peut faire autrement ou s'il faut synthétiser dans un texte unique un sujet quelconque appelant de nombreux développements. Quoiqu'il en soit, je reste à votre écoute pour répondre à toutes vos questions, affronter toutes vos critiques (elles seront les bienvenues), développer tous les sujets que vous voudrez pour que ce blog soit le plus interactif possible - et pour qu'il soit aussi un peu le vôtre en quelque manière.